Codex : littérature et traversée du temps : DIANDUE BI Kacou Parfait

CODEX : LITTÉRATURE ET TRAVERSÉE DU TEMPS

DIANDUE BI Kacou Parfait
Professeur des Universités
Université Félix Houphouët-Boigny

INTRODUCTION

Le postulat général de cette contribution est que la littérature est le lieu de réinvention du monde où son espace de réification et même son moment de cryptage. Son postulat restreint affirme que les nervures du temps et de l’espace qui président à la destinée humaine parcourent la littérature qui recèle par la même occasion les codes et les mystères de l’existence. Relevant de l’imaginaire et de la pratique de la vie, la littérature s’arroge le décodage et la figuration par la fiction de la projection, de l’origine et du déroulement de la vie et des modes de vie des sociétés humaine, animal, végétal et minéral. Nombre de théories affleurent et se propagent quant à l’angoisse de l’humain face à son être, à son devenir et sa finitude. Des hypothèses pour rassurer la curiosité de la rationalité active, il apparait que la littérature est un codex. Elle est un langage crypté à la fois par la simplicité de son énonciation mais aussi par l’abscons de son symbolisme. Nous sommes donc en plein territoire de la cryptographie tant l’évidence parfois, et paradoxalement, ferme les yeux aux sens. La littérature cerne le tout existant en métaphorisant le réel sensoriel dans l’étendue de la représentation. En conjuguant postulat restreint et postulat général, nous montrons à partir de trois textes majeurs, comment s’établit le code de cryptage de l’être, de la vie et du cycle d’existence dans la littérature. Par choix arbitraire, nous nous sommes fondé sur le poème « correspondances » de Charles Baudelaire, le poème « souffles » de Birago Diop et la formule physique de la relativité générale d’Einstein E=mc2.

Le choix de la poésie se justifie par son caractère liquide (parole/écrit) et incantatoire, elle ritualise la figuration du monde. La littérature de la symbolisation des sciences physiques est par essence une condensation de la perception du monde et du projet de son devenir. Elle est donc un double cryptage qui appelle l’opacité de la pensée mais aussi la nécessité de l’interprétation transcendantale. Elle porte à la connaissance les bruissements de l’esprit, le susurrement de l’inexpliqué et le désir du dévoilement. Dans « correspondances » Baudelaire consacre la sacralité du monde par les parallèles et les sécantes qu’il décrit entre les composantes de la nature. Il assimile la « nature » à un « temple » et redessine par la voix du poète le filet géant qui s’offre à la vue dans la corrélation, le dialogue et la fusion entre éléments. Prêtre et artiste, le poète perce les secrets de l’architecture de l’univers. Birago Diop se livre au même exercice dans un style litanique généré par l’anaphore « les morts ne sont pas mort ». Il affirme la transmutation de l’humain dans l’au-delà de son corps; précisant ainsi la permanence de la vie qui postule l’éternité.

Albert Einstein dans la suite de la relativité restreinte qui fondait le rapport entre l’espace et le temps sur une distance uniforme (voyageur dans le train et voyageur sur le quai), il élabore la théorie de la relativité générale formalisée dans l’équation E=mc2. Cette célèbre équation établit l’égalité entre l’énergie cinétique, la masse et la vitesse de la lumière. La formule établit l’égalité entre l’invisible (l’énergie) et le visible et mesure l’écart entre le perçu (la masse, la lumière) et le perceptible (énergie). L’on traduit aisément que l’invisible est perceptible. C’est ici que se formule en langage physique la complémentarité sensorielle. C’est la dialectique de l’invisible perceptible; lien inhérent au corpus. En substance, Baudelaire parle de ce qui advient dans l’ignorance des sens, Birago Diop de ce qui disparaît et renait dans les minéraux et la nature et Einstein de ce qui dynamise ce qui est. Ces trois textes créent à la fois une linéarité dynamique mais aussi une circularité métaphysique du cycle de vie qui interroge, tour à tour, l’autogenèse, la métagenèse et la mythogenèse de la nature et de l’existence. Dans cette apparente bizarrerie du corpus d’analyse réside surtout une solide homogénéité qu’autorise l’idée de l’unicité de la littérature dans la société humaine.

D’où argumentons-nous? C’est à partir de la géocritique mais surtout en nous fondant sur son principe de transgressivité. Nous déclinons dans cette analyse sous trois angles : le mouvement par les ondes (Correspondances), le mouvement par la fusion/dédoublement (souffles) des corps et le transfert symbolique des flux (E=mc2).

I-« CORRESPONDANCES » : LE MOUVEMENT PAR LES ONDES

On note chez Baudelaire une perception géométrique du monde. Il recoupe la verticalité des piliers par l’horizontalité des sens. Il se tisse ainsi la toile du filet perceptible dans la traversée des méridiens par les parallèles. Cette géométrie du globe est ramenée dans la poésie symbolique baudelairienne où le symbole poétique écrit la terre dans la géo-graphie et où la géographie comme science de la terre irradie la représentation figurative du poète. C’est un rite cérémoniel que décrit correspondances. Sans l’évoquer, le poète établit une corrélation entre la scène poétique et l’acte rituelle de la création. Les prières adressées à la transcendance dans les « confuses paroles » consacrent l’état de transe qu’à la fois les baccantes, le Komian, le prêtre, l’oracle ou l’Imam déclament dans un débit incantatoire pour réversiblement tenir parole au divin et traduire l’écho du divin. Le poète décline la métaphore du tisserand dont la poésie du corps impulse à la transformation du fil de coton le jeu de la patience de la construction. Construire c’est faire acte de géométrie. Or, la poésie est construction à la fois par la métrique et par la projection axiologique (le paradigmatique sur le syntagmatique par l’entremise du symbolique). Elle porte à la vie et à la confluence. Dans son sonnet classique, mesure du monde, Charles Baudelaire établit les diagonales entre les senteurs et les couleurs, entre les textures et les sons, entre saveurs et rugosités. L’improbabilité de ces rapprochements obscurcit l’évidence pour dissimuler le sens à l’immédiateté. La synesthésie, ici, crypte le texte poétique où l’extase répond à la volupté et la suavité à raideur. De là, la polysensorialité devient le facteur d’appréciation de la géométrie du vivant. C’est ici que s’apprécie les propos de Michel Serres dans l’expansion de la pensée socratique en son livre Origines de la géométrie :

Souviens-toi de la géométrie! Cet appel de Socrate signifierait ceci que la démonstration rigoureuse, que les idéalités abstraites contemplées supposent l’écoute dans le dialogue et une longanimité tolérante dans le rapport à l’autre, ainsi que la purification continuée de ces catégories par rapport au soubassement tragique et rituel qui les supportent, dans la terreur et la piété. En sa pureté, l’espace de la géométrie implique un emboitement de ces catharsis ici reprises : religieuse, judiciaire, théâtrale, linguistique… La somme immédiate de ces actes, s’appelle la raison; l’irrationnel, inversement, découpe et sépare cette somme compacte en ses éléments. Quoi de plus déraisonnable que religion sans rigueur, justice privée d’exactitude ou précision sans pitié? [1]

La surface de l’action et de la pensée est donc question de mesure et de dosage. L’équilibre entre les choses. Le son et la perception du son, la vue et la luminosité, le toucher et l’état de la matière, la pensée et la justesse de la raison, l’acte et la pertinence de l’action, la charité et l’opportunité de l’attente, l’action et la réaction, le désir et le passage à l’acte; autant de compositions possibles qui motivent les binarités minimales de l’existence. La rationalité, la responsabilité, la brutalité sont des aspects de notre être qui relèvent de la mesure qui s’appréhende en tout état de cause comme le dosage et l’équilibrage de la capacité. Il ressort de là qu’une conversion entre les composantes de la vie, « une correspondance », une mutation est permanemment en cours.

La littérature, création par les lettres, est une projection de l’espace en tant que « géo », donc en tant que « terre » qui génère le paysage de l’imaginaire. Elle devient à la fois mécanisme de déterritorialisation et de reterritorialisation. Elle actualise le territoire par la géo-graphie, c’est-à-dire l’écriture de la terre et matérialise la projection par la géographie prise dans son sens de spatialisation. Les territoires de la géométrie et de la littérature se confondent dans l’univers de la création. Le jeu des corrélations, des symboles et des traversées autorise à affirmer pour démonstration que la poésie, par exemple, entretient par la traversée et la codification du temps un lien étroit avec la physique. Le poème de Baudelaire ouvre les voix à ce qu’il conviendrait d’appeler la « méta-nature des choses ». On note que le poète appréhende le monde dans la jonction des phénomènes. Il établit un lien entre l’audible « confuses paroles » « longs échos » et le visible « regards familiers ». Il mesure « profonde unité » le son « longs échos » par la couleur « ténébreuse ». Le poète s’autorise des mesures improbables « Vaste comme la nuit et comme la clarté ». Il conclut qu’il y a dialogue entre les composantes de la nature « Les parfums, les couleurs et les sons se répondent ». Dans la hiérarchie des sens qui se dégage du poème, le poète accorde la primauté à l’odorat « les transports de l'esprit et des sens ». On peut lire que le monde est une métaphore de l’odorat. L’odorat concentre à la fois le toucher, la vue et l’ouïe. Ici s’établit la mesure abstraite du monde.

II-« SOUFFLES » : LE MOUVEMENT PAR LA FUSION/DÉDOUBLEMENT

Dans le poème de Birago Diop, le poète procède par la négation pour affirmer « les mort ne sont pas morts ». S’appliquant la loi mathématique de la double négation positive, il situe d’abord la mort comme absence et néant puis le mort comme transition. La mort apparait alors comme opération de transmutation et de transformation. La projection dans des variables animale, végétale et minérale approuve l’idée d’un transfert d’énergie dans la portion de vers : « ils sont dans ». Toute proportion gardée on lit aisément se décliner la loi des gaz parfaits énoncée par Lavoisier « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ». Confirmant la théorie de la métempsychose, le poète souffle et suggère l’âme comme l’énergie de la motion du corps, une sorte d’énergie cinétique qui éclata par exemple dans l’autogenèse du Noun, qui dynamisme la mitochondrie on propulse la paramécie. Elle est l’énergie interne aux choses, le « souffle » des êtres. L’invitation du poète à l’attention aux sens est la suggestion de la permanence de la vie autour de l’humain : « écoute plus souvent les choses que les êtres ». Les mystères de la prosopopée dans la « voix de l’eau », « la voix du feu », « la voix du vent » évoquent la nécessité d’une sur-sensorialisation, limite physique l’humain et évidence manifeste d’une métaphysique de l’être. Cette orientation de la géométrie du vivant oblige à faire corps avec la nature et non la combattre. Toute conception des choses qui engendre une différence radicale philosophie des rapports à la Nature. Vivre en harmonie avec la nature, ne pas la brusquer, ne pas la saigner, ne pas l’agresser est ce qui ressort de la profondeur du poème Souffles. Car, la Nature est en l’humain comme l’humain fait partie de la nature.

III- E=MC2 : LE TRANSFERT SYMBOLIQUE DES FLUX

Dans la littérature de la physique, Albert Einstein semble avoir codé les lois de la cinétique et de la thermodynamique qui régissent tout l’Univers. Il a symbolisé le flux vital dans sa formule. La force de la formule et de la formulation de l’équation qui a bouleversé les certitudes de la physique est qu’elle met en relation des éléments immuables. Par conséquent, elle aboutit à une mise en équilibre constant. Parce qu’elle est quantique la formule d’Einstein est après tout hautement symbolique. Le transfert d’énergie physique est aussi un transfert symbolique de flux. Elle trouve sa justification dans l’angoisse de l’humain face à l’infini, au vide, au vague et à l’illimité. La philosophie des lumières, par exemple, a prôné, par Descartes, qu’il fallait se rendre maître et possesseur de la nature. L’esprit occidental va tout mettre en œuvre pour soumettre la nature et les traces de l’humain sont bien présentes dans ces sociétés modulées et organisées selon la conquête humaine. Einstein écrit l’infiniment grand dans sa formulation quantique. Le jeu des projections entre l’infiniment grand et l’infiniment petit est en partie une forme de codage. Le constat de cette pression sur l’échelle de représentation insinue l’existence d’algorithme régissant le rapport brachylogique interne aux projections et aux équivalences. On mesure allègrement la distance entre la physique classique des grands espaces et la physique quantique de l’infime construction. Heinz Pagels énonce que : « l’univers tout entier est contenu dans un seul grain de sable » (p 28). On retiendra que le rapport qui lie l’énergie à la masse est de l’ordre de celui qui lie le corps à l’âme, la vie à la mort. En somme la dualité opérante des sens dans l’existant, l’association des contraires qui fonde, fait et organise l’harmonie du monde. Cette assertion met en relation d’image l’univers et le monde quantique. Opération géométrique qui affirme le codage dont l’intention et la suspicion de cryptage se lit dans chapitre « code cosmique ». A la question de savoir Qu’est-ce que l’univers?, Pagels réponds : « Je crois que l’univers est un message rédigé dans un code secret, un code cosmique, et que la tâche du scientifique consiste à déchiffrer ce code » (P. 337). On pourra remarquer dans l’équation anti-quantique E=mc2 la corrélation entre géométrie, physique et littérature et ensuite postuler que la géométrie est la profondeur systémique de toute création. Toute chose qui amène à déduire que l’espace est au centre de la création artistique. Tout est géométrique ou, tout normalement, il y a de la géométrie dans tout acte de création littéraire. Le Protagoras l’avait insinué « L’homme est à la mesure de toute chose » et n’autorisait l’accès au monde de la pensée à la seule précision de la perception du monde; « Nul n’entre ici s’il n’est géomètre ». L’on saisit aisément que le redimensionnement du monde à La fois dans le dosage du temps et dans l’articulation des espaces est du ressort de l’humain. Pour marquer l’univers, le monde et ses créations, pour dompter la nature et cerner l’immensité, pour se repérer et se satisfaire de son œuvre, l’artiste, l’inventeur, l’explorateur ou le géographe ont emprunté à la mesure et l’exigence de sa précision et le pouvoir de sa conquête. La capacité de mesure et l’obligation de l’ajustement dans la création deviennent un critère de sélection et un baromètre d’évaluation de l’artiste et de l’art. Avec la formule de la relativité générale on se trouve à l’intersection des sciences dans ce rapprochement des pôles du savoir, dans l’espace de concurrence entre le perçu et le perceptible, le réel et l’envisagé et même l’irréel et le possible mais aussi dans l’enceinte de la conjugaison des sens. Cette formule ouvre l’espace du symbole à la communauté humaine; car elle codifie les vibrations de l’esprit et les soupçons du possible en symbole alphabétique et algébrique. Littérature et mathématique, donc littérature et sciences, sont convoquées pour styliser l’essence et l’essentiel de ce qu’est l’univers. L’évaporation des frontières dans le regard de connexion, on le sait, autorise à poser le symbole comme lieu de liquéfaction des différences entre les sciences mais surtout comme origine et finalité de la genèse des savoirs et apothéose de la transmission. La géométrie de la pesée comme la littérature de la quantification est un jeu de projection pour une nécessité de construction. La création oscille donc entre subjectivité de la mesure et objectivité du ressenti. Tous les possibles de la mesure se distillent dans l’observation et la relativisation permanente du symbole. Elle devient un besoin de faire sens par la mesure, le déplacement, le mouvement, le transfert et la translation. L’architecture de la pensée et de l’humain oblige dès lors à la saisie de l’harmonie et de l’équilibre comme essence de l’Art. A l’analyse, l’énergie est une sorte d’harmonie interne aux choses. La métrique dans la poésie, comme on le perçoit chez Baudelaire et Birago Diop, et la poétique de la métrique, dans l’équation de la relativité générale, sont des déclinaisons géométriques de la littérature. La poésie de la mesure et la mesure de la poésie sont autant une recherche d’équilibre dans la géographie de l’univers. L’Art et l’existence se lisent ainsi comme une quête d’équilibre et de la pondération entre les choses, les êtres et l’univers. De là, la géométrie en tant que science de la mesure a une littérature symbolique et la littérature en tant qu’ensemble de la production relevant de l’imaginaire est un projet géométrique. Car organisation et réorganisation du monde; construction, déconstruction et reconstruction de l’espace, perturbation et harmonisation du temps, dé-naturation et re-naturation du temps et de l’espace sont de divers chemins qu’emprunte l’Art pour codifier la littérature et les sciences. L’unité duelle voire multiple de l’aspect des mondes construit la métaphore de la pâte que manifestent l’extension de la pensée et l’extension des ondes de la poésie et de l’univers.

POUR SYNTHÈSE!

La poésie parce qu’elle est à la fois réduction de l’espace du dire et invitation à la lévitation rationnelle est le lieu d’un double cryptage. Elle est cryptage dans sa figuration symbolique du monde et cryptage du sens dans l’évidence du dire. Parole aqueuse qui distille le feu de la rationalité vive, la poésie a fait du poète l’ennemi de Platon qui lui préfère le philosophe dans sa république. Sur les rives de la cité dont il est exclu, le poète ravit au philosophe la profondeur de la quête du savoir et le conteste par sa propre quête du beau dans le dire et dans la construction du dire. C’est justement à cette recherche permanente du beau en tant qu’équilibre du monde que Baudelaire et Birago Diop se livrent dans l’exercice géométrique de la projection, de l’image et de la symétrie. Le poète de la naissance et celui de l’éternité zèbrent la littérature et la poésie des chemins circulaires de l’énergie et de la vie qui saccade le cœur des êtres des phénomènes et des choses. Il y a du sens à déduire qu’E=mC2 d’Einstein est l’un des plus grands poèmes jamais écrit!

BIBLIOGRAPHIE

Charles Dantzig, Dictionnaire égoïste de la littérature française, éd. Grasset, 2005

Christophe Ronsin, L'histoire de la biologie moléculaire (Pionniers & héros), De Boeck Université, 2005

Denis Guedj, Le Théorème du Perroquet, éd. Points, Septembre 2000

Le Mètre du monde, éd. Points, 2003

Hans Pagel, The Cosmic Code: Quantum Physics As the Language of Nature, Simon & Schuster hardcover, 1982

Perfect Symmetry: The Search for the Beginning of Time, Simon & Schuster hardcover, 1985

Michel Morange, Histoire de la biologie moléculaire, Éditions La Découverte, 2003

Ilya Prigogine, La Fin des certitudes,Odile Jacob, 1996

L'Homme devant l'incertain – Odile Jacob, 2001

  1. Michel Serres, Origines de la géométrie, Paris, Flammarion, 1995 

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