Isaïe biton koulibaly face aux nouvelles perspectives de reconfiguration du champ litteraire ivoirien : DOBLA Aimé Donatien

ISAÏE BITON KOULIBALY FACE AUX NOUVELLES PERSPECTIVES DE RECONFIGURATION DU CHAMP LITTERAIRE IVOIRIEN. Une étude du rapport entre littérature et technologie de l’information et de la communication.

 

DOBLA Aimé Donatien

Doctorant, Université Félix Houphouët-Boigny, RCI

 

Résumé : De R. Escarpit à P. Bourdieu en passant par P. Dirkk et autres chercheurs contemporains ayant investit dans le caractère sociologique de la littérature, tous ont royalement ignoré ou n’ont pas connu la révolution technologique  de ces deux dernières décennies. Internet et les nouvelles technologies de l’information font aujourd’hui partie intégrante de toute l’activité littéraire.  De l’écrivain au lecteur en passant par le libraire, toute la chaine du secteur du livre fait nécessairement appelle à ces médias. Mais mieux encore, mis en rapport avec le caractère économique du secteur, Internet booste considérablement les ventes des produits livres par la mise en scène de l’auteur sur les réseaux sociaux. D’où notre intérêt pour l’auteur Isaïe Biton Koulibaly  qui a su mettre à son profit les réseaux sociaux pour capitaliser les avantages qu’offre Internet au près du lectorat.  De ce rapport littérature / Internet nous en sommes aujourd’hui au bouleversement des lignes de démarcations internes et externes du champ littéraire  perdant leurs fondements institutionnels.

Mots clés

Champ littéraire, espace cybernétique, institution littéraire, posture et positionnement.

Abstract :   From R. Escarpit to P. Bourdieu while passing by P. Dirkk and another contempory university researcher who invested in the litterature sociology character, all of them unaware or don’t knew the technology revolution of the two last decades. Internet and new information technology are now integral part of all litterature activity. From the writer to reader while by the the bookshop, all this chair of book sector need these media. But the best is that Internet increase considerably the sale of books by putting on the writer on the social network. Then our specialy interest for Isaie Biton Koulibaly writer who use sociality network to make benefit from the Internet reader. The connection litterature and Internet we take over some difficulty inside and outside litterature space which are losed it’s institutionel bases.

Keys word: Litterature space, cyber space, litterature institution, posture and position,

 

INTRODUCTION

     La théorie du champ conçue par P. Bourdieu trouve son acception théorique cohérente dans sa capacité à s’adapter à tout nouvel usage du champ constitué. De ce fait, elle ne saurait être confinée dans un cadre spécifique. Bien au contraire, nous convenons avec P. Dirkk[1] qu’elle désigne tout espace social autonome possédant ses propres capacités de reproduction régis par ses propres règles, le nomos d’où son principe de différentiation et d’auto-organisation. Or, ce principe est le résultat d’un mécanisme d’autonomisation véhiculé par des agents guidés par leurs habitus. De ce fait, il y est question de rencontre entre agents dotés de capital symbolique différent engagés dans une lutte de reconnaissance dans le champ littéraire. Alors, chaque catégorie d’agent choisie sa trajectoire comme disposition à prendre pour participer au système relationnel et différentiel. C’est pourquoi Internet est devenu l’espace de conquête ou de consolidation du capital.

       La combinaison Internet et littérature populaire est l’armure, l’arsenal comme capital spécifique du prétendant I. B. Koulibaly selon le terme de D. K. N’goran[2] pour participer à la lutte pour la définition de l’écrivain véritable et de la littérature légitime en Côte d’ivoire. L’espace cybernétique devient pour ainsi dire un espace du jeu et d’enjeu pour un genre dominé qu’est la littérature populaire. Un espace de confrontation pour les agents du champ littéraire ivoirien qui repoussent les frontières de l’institution littéraire. De ce fait, il s’agit d’un espace social ou les acteurs occupent une position qu’ils s’efforcent de consolider.

     Dès lors, nous nous demandons comment le développement des nouvelles technologies de l’information et de la communication affecte- t-il le champ littéraire ivoirien et la pratique littéraire ? Quel est l’impact du rôle des internautes sur la reconfiguration du champ littéraire ivoirien et les institutions afférentes ?  Comment les agents du champ ; auteurs, éditeurs, diffuseurs, lecteurs intègrent ils Internet dans leur stratégie de positionnement et de développement ?

    Notre étude portera d’abord sur l’espace du web dans son rapport à la littérature. Ainsi dans un second temps, nous allons analyser l’espace cybernétique comme un espace littéraire émergent avant de déterminer les retombées symboliques pour un auteur comme Isaïe Biton Koulibaly. Enfin, nous verrons comment Internet reconfigure ou réévalue le champ littéraire ivoirien.

  1. LE WEB UN ESPACE LITTERAIRE : ENTRE RUPTURE ET CONTINUITE 

     Le champ littéraire se présente comme le continuum de la vie sociale avec le croisement de tous les systèmes qui régulent les relations entre les hommes. Mais lorsque ce champ croise un champ voisin, le champ cybernétique, susceptible de devenir un incubateur, tous les systèmes relationnels font leur mue. D’où le marché de valeurs pour évaluer l’enjeu de la rencontre du couple littérature-Internet dans un rapport de force. Mieux Internet est gage de modernité pour la littérature.

  • Marché de valeurs littéraires

     L’espace cybernétique bien qu’il soit un espace virtuel à l’opposé du monde physique que représentent les nations et les territoires aux frontières définies est le nouvel eldorado de la vie sociale artistique et littéraire. L’espace du web est le territoire de la nouvelle civilisation humaine. C’est un lieu d’évaluation de la valeur nommée ‘’esprit’’ selon le terme de Paul Valéry[3]. En effet, il compare le fait littéraire à une valeur physique commerciale tel que le blé ou l’or. En ce sens que ces produits sont l’objet « d’appréciation, de jugement d’importance et de discussion sur le prix[4] ». Cet espace de bourse des valeurs littéraires possède les mêmes caractéristiques que les bourses des valeurs mobilières par son principe de fluctuation et de cote flottante. Par ce principe, le web est le lieu de rencontre d’autres valeurs, ce « grand marché des affaires humaines » afin de constituer une des variantes dominantes de la civilisation humaine d’aujourd’hui. C’est un indice certain de développement des sociétés humaines.

   Isaïe Biton Koulibaly arrive sur ce marché de biens communs avec les productions de l’œuvre de l’esprit. Auréolé d’une trentaine de production littéraire, l’auteur excelle dans la catégorie de littérature estampillée « populaire » dont certains ouvrages ont été traduits en langues étrangères notamment en espagnol pour Ah ! Les femmes vendus à plus de 5000 exemplaires en un mois et édité plus de 11 fois.  Le recueil de nouvelles Ah ! Les hommes compte le même nombre d’édition.  Quant au roman Et pourtant, elle pleurait, il fut le premier Prix Yambo Ouologuem, s’agissant de La bête noire, le roman fut classé meilleure vente du réseau Librairie de France groupe en 2008. La parenthèse délicieuse fut lauréate du même prix  de la librairie en 2013 avec 3255 exemplaires vendus[5]. La plupart de ses livres connaissent plus d’une dizaine de rééditions chacun. L’auteur est lui-même lauréat du Prix d’Excellence de la littérature décerné par l’Etat de Côte d’ivoire en 2016. Alors comment la toile sert elle d’espace de consolidation ou d’acquisition de position dans le champ littéraire ?

  • Espace concurrentiel

    Si le web se présente comme un grand marché des valeurs littéraires cela implique que c’est avant tout un espace de compétition entre les écrivains d’une part, mais d’ autre part, entre les catégories de littérature : littérature populaire et littérature élitiste. Ce qui fait songer in fine à la lutte des classes sociales de K. Marx. Une conception que Bourdieu reprend à son compte mais situant la lutte au niveau individuel pour le contrôle des valeurs symboliques comme capitaux littéraires spécifiques. D’où le conflit entre les ‘’possédants’’ et les ‘’démunis’’ de valeurs littéraires.

     De ce fait, la façon d’agir des agents dépend de leur position qu’ils occupent dans la hiérarchie de l’espace social. Ils sont en lutte perpétuelle pour occuper de meilleures positions dans l’espace social. « Ceux qui sont déjà en haut défendent leur position et ceux qui sont plus bas aspirent à remplacer ceux qui sont en haut[6] ».C’est dans cette optique de recherche de stratégies de positionnement que s’est fait l’invasion du web par les écrivains.

   Bourdieu ne pensait si bien dire en parlant d’ « espace social » pour désigner l’univers littéraire mais aujourd’hui la dénomination  par excellente d’espace social est l’univers du web. De ce fait, le web devient l’incubateur de l’autre espace social qu’est l’univers littéraire. Tous les aspects conflictuels de « champ de forces » et « champ de lutte » y trouvent leur matérialité, car le pouvoir est toujours une distribution asymétrique. Chaque auteur dispose d’un poids, un capital qu’il utilise pour participer au « jeu » afin d’améliorer sa position. Pour ainsi dire, la concurrence est la norme de l’interaction qui régit les rapports dans le champ social. «  En effet, le champ est un espace social où des acteurs sont en concurrence avec d’autres acteurs pour le contrôle des biens rares et ces biens rares sont justement les différentes formes de capital [7]».

    Si l’espace cybernétique sert de terrain de jeu donc d’espace concurrentiel aux agents du champ, il devient l’expression de la modernité dans la pratique littéraire.

  • L’expression de la modernité

    En théorie le terme modernité désigne les caractères qui expriment les tendances de l’époque moderne. Les critiques littéraires ont toujours privilégié le texte, le style pour attester de ce qui est ou n’est pas moderne dans la pratique littéraire.

Mais nous convenons avec A. Kouassi que la modernité « renvoie aussi à l’idée qu’une époque se fait d’elle-même dans sa différence avec ce qui la précède[8] ». Or, il est incontestable de parler de la modernité de nos jours, c’est situer deux époques différentes : l’avant et à l’ère de l’Internet.

   Alors la modernité littéraire, c’est l’apport de l’Internet dans la pratique littéraire. Les théories de la réception de l’école de Constance[9] ont montré l’importance du public dans la pratique littéraire.  Facebook est aujourd’hui une arme fatale d’adhésion massive à la cause littéraire de l’auteur qui ose en faire usage. Il est un outil performant de communication très attractif sur la toile avec des millions d’utilisateurs. Avec Facebook, l’écrivain est en mesure de faire du corps à corps avec les lecteurs afin d’échanger avec eux. Chaque époque a ses caractéristiques qui lui sont propres.

  1. Zola et P. Verne ont pratiqué une littérature scientifique fondée sur l’observation des phénomènes sociaux et naturels dans leurs récits. Ces auteurs appartiennent à la seconde moitié du XIXe siècle. Un siècle illustré par « l’influence de l’idéologie positiviste qui prône la toute-puissance de la science et considère la vérification comme l’unique critère de vérité[10] ».  Aujourd’hui, Internet est le déterminisme universel qui puisse montrer les indices d’évolution, de révolution et d’évaluation de la civilisation humaine. D’où la prise de disposition pour défendre où acquérir son « pouvoir ».
  1. DISPOSITIONS ET POSITIONNEMENT : LA POSTURE DE L’ECRIVAIN ISAIE BITON KOULIBALY

   La stratégie désigne un ensemble d’actions coordonnées en vue d’un résultat déterminé. Ce mot emprunté au vocabulaire militaire s’emploie en sociologie pour indiquer les choix et les manœuvres que réalise, inconsciemment, un acteur social. Appliqué au domaine littéraire, il aide à décrire des réalités internes au champ (la carrière littéraire proprement dite), et externes à celui-ci[11].

     Cette définition nous permet d’évoquer le contenu stratégique qui se perçoit par la position et le positionnement de l’écrivain Biton Koulibaly. C’est-à-dire la posture littéraire de l’auteur.

  • Disposition et positionnement : la posture de l’écrivain social

      De l’italien « Postua » ou du latin « Positura » posture signifie position et disposition cette définition a certainement influencé et inspiré Bourdieu dans sa double acception au sens figuré comme au sens propre de la notion. La première acception dont  fait usage Montaigne dans Essais s’apparente à « attitude » ou « disposition du corps ». D’où la dénotation anatomique de la présentation physique de soi.  La seconde acception au sens figuré est métonymique. C’est l’altitude morale d’une personne en vue d’acquérir une position sociale  et même politique.

     C’est pourquoi J. Benda[12], dans Trahison des clercs, estimait que les clercs s’intéressent plus aux affaires économiques qu’aux valeurs cléricales auxquelles ils se sont voués. De ce fait, il ne serait pas mal aisé de présenter ces hommes de Dieu en posture de capitalistes, d’hommes d’affaires.

     Pour le domaine qui nous intéresse, c’est-à-dire la littérature et les sciences humaines, il faut entendre les acceptions usuelles de Bourdieu dans Questions de la sociologie[13] lorsqu’il appréhende le terme comme synonyme de « disposition du corps ». N. Heinich (1998) dans Ce que l’art fait à la sociologie, fait du concept une démarche scientifique qui se caractérise autant sur le plan axiologique que méthodologique ou épistémologique.

     Le tryptique disposition /position / prise de position abordée par A. Viala (1984) dans Approche de la réception concède qu’il y a plusieurs façons de prendre et d’occuper une position. La notion de posture est la façon même d’occuper cette position dans le champ littéraire. C’est une mise en scène de soi de l’auteur.

     L’approche posturale de la mise en scène de soi se caractérise par une double approche. Il y a d’une part le discours littéraire incorporé qui permet aux critiques de desceller la position de l’auteur par l’exercice métadiscursif sur les textes d’un auteur. C’est une activité littéraire, tandis que d’autre part, il y a le volet non discursif qui se caractérise par les actions sociales et l’humanisme de l’auteur, tout l’aspect comportemental« psychologisé » et  « psychologisante » de la personnalité de l’auteur. J. Meizoz[14] situe cette approche dans l’objet littéraire dans ses conditions d’énonciation mais surtout dans le cas de la mise en scène de l’auteur. C’est la présentation de soi sur les réseaux sociaux aux Internautes, « consonautes » de la littérature qui nous intéresse pour notre étude. Isaïe Biton Koulibaly brise le mythe  de l’écrivain pris dans sa bulle. La banalisation de l’image mythique de l’écrivain, ce mage des temps nouveaux est désacralisé.

    L’auteur expose sur le web par le biais de Facebook, toutes les photographies de ses activités, les comptes rendus de ses contributions dans la presse écrite et les images de sa chambre d’où il élabore ses ouvrages. C’est la démystification du démurge, le demi-dieu. L’auteur est bien sur le réseau social où il possède plusieurs comptes 6 au total. Cette multiplicité de pages est due au fait que Facebook n’admet qu’un nombre d’amis limité sur un profil. Or, les abonnés de l’écrivain se comptent par milers, environ 30.000 internautes pour l’ensemble des 5 pages de profile et groupes sur Facebook dédiés à l’auteur, qui le suivent quotidiennement. L’auteur, inlassablement, est bien à l’écoute de ses suiveurs comme le témoigne ses publications. S’investir sur la toile recommande une vision en trois étapes.

    D’abord se construire une communauté d’intérêt. L’avènement des réseaux sociaux a révolutionné l’image de l’écrivain. Ils permettent d’acquérir la célébrité à telle enseigne que W. Gibson[15], auteur de science-fiction américaine parlera de « personnalité auto construite [16]» sur le réseautage en ligne. La création du profil personnel facilite la mise à la disposition du public les informations concernant l’auteur. La description du métier d’écrivain comme statut à actualiser lui favorise des amitiés et des abonnés. La « Page blanche » et les pages du « Fan Club IBK [17]» créent la fidélisation des membres de ces groupes sur Facebook dans une communauté d’intérêts.

    Ensuite, se faire des fans. Ses différents groupes lui donnent l’occasion de se faire  des amis et d’avoir une liste de contacts susceptibles de suivre les activités de l’auteur  sur le web. Facebook facilite le suivi de l’actualité de l’auteur sur le terrain réel, lors des évènements organisés par le Fan Club ou lors des dédicaces dans les grandes surfaces de la capitale. L’ajout, le partage de photos et de vidéos donnent le loisir de lancer et de gérer les évènements afin de promouvoir les nouvelles éditions et le lancement de nouvelles parutions de livres.

     Enfin choisir les supports sociaux et y être présent. D’où l’apport de Facebook et Linkedln. Facebook est le premier réseau social avec plus de 500millions d’utilisateurs actifs en 2011 selon les propos du duo J. Reed et C. Balagué (2011). A l’heure actuelle, il est un puissant outil de marketing en ligne. L’efficacité de ce réseau social réside dans son aptitude à offrir une large gamme d’outils que sont les pages, les groupes, les évènements, les applications et les publicités. Du fait du nombre important d’utilisateurs, quelque soit le domaine d’activité on y trouve toujours une communauté d’intérêts.  C’est ce qu’Isaïe Biton Koulibaly (IBK) a compris très tôt.

   Quant à Linkedln, il  est plus un réseau professionnel qui met en relation les entreprises et les activités professionnelles des particuliers. Il permet de se faire des contacts en échangeant des cartes de visite sur le cyberespace. Avec ce réseau l’auteur a pu multiplier les contacts professionnels dans le champ littéraire ivoirien avec ses agents (auteurs, éditeurs, libraires, les associations culturelles) et avec les agents du champ littéraire africain et du monde. De ce premier échange, IBK s’est positionné comme expert en roman populaire auprès de ses pairs et des autres agents du champ littéraire local. Comme Facebook, Linkedln a favorisé la promotion de l’auteur avec les groupes de communautés d’intérêts. Lesquels intérêts se résument à la passion de la lecture des rumeurs sociales et des histoires à l’eau de rose.  Cette posture d’écrivain social que véhicule Biton Koulibaly sur les réseaux sociaux rentre dans la dimension comportementale de la posture, le caractère physique de la notion, ce que Bourdieu nomme l’ « hexis » corporel. Par le biais des réseaux sociaux, Isaïe Biton Koulibaly pratique la mise en scène de soi. Ce qui s’apparente aux émissions de « téléréalité[18] », de spectacle de la vie privée. De cette pratique médiatique l’auteur véhicule l’image de l’anti star sur Facebook, car il est accessible et disponible pour ses lecteurs et fans.

  • Interactivité auteur-lecteurs

     La radio et la télévision ont été les premiers à ouvrir la porte à la littérature pour s’inviter dans les foyers des auditeurs et des téléspectateurs. Le rapport traditionnel d’auteur-lecteurs prenait déjà une nouvelle tournure par la mise en scène de l’écrivain. Une voix et une figure personnalisées accompagnent désormais les textes. Si la télévision et la radio réduisent cette présence de l’auteur par l’émotion véhiculée par sa proximité avec le lectorat le temps d’une émission, avec Internet dans le secteur de la littérature cette tradition est non seulement perpétuée mais la gestion du temps appartient à l’Internaute désormais. Une révolution entamée par l’ancêtre de l’Internet qu’est la télévision.  Le livre devient un prétexte pour révéler l’auteur, son quotidien, son intimité, ses goûts et son passé par le biais des réseaux sociaux. Le texte seul ne suffit plus en lui-même  pour porter sa légitimité.

   Les rapports entre l’auteur et les lecteurs sont dès lors modifiés. L’anonymat qui créait la mystification de l’écrivain est remplacé par la valeur marchande entretenue par l’accès à la visibilité publicitaire. Le livre qui relevait du domaine du sacré est substitué par l’objet commercé, le produit livre. Les démarcations de considérations internes du champ littéraire vis-à-vis de son objet d’existence qu’est le livre sont bouleversées par les considérations externes portées par le public. L’écrivain n’est plus un être à part, la démarche capitaliste fait de lui un producteur de richesse comme tout autre artisan ou industriel confronté à la bipolarisation de l’option commerciale : « auteur de culture de marque contre auteur de culture de masse ». Déjà avec la première émission littéraire télévisée en France les producteurs de l’émission faisaient cette catégorisation d’auteur de marque et auteur de masse. S. De Clossets (2004, p, 104) révèle à cet effet que pour l’ « Auteur de marque c’est la télévision  qui se déplace pour créer l’atmosphère de la visite dominicale au grand écrivain(…) l’écrivain est filmé dans son salon, assis sur un fauteuil, près de la fenêtre ». Aux nombre de ces illustres personnalités reçues par Pierre  Desgraupes et Pierre Dumayet animateurs à l’émission « Lecture pour tous » entre 1953-1968 sur RTF on peut citer « Jules Pervielle, Paul Claudel, Louis Aragon, Elsa Triolet, Jean Cocteau, Georges Duhamel,  Jacques Prévert ». Déjà le cadre jouait un grand rôle dans la mise en scène du grand auteur. Les détails de son environnement permettaient à l’œil étranger  d’observer l’infirmation du génie et d’entretenir le mythe de l’auteur.

    Les médias dans leur ensemble ont servi de cadre publicitaire à la littérature. Les journalistes  par leur monopole de canal de critique pouvaient ainsi faire où défaire des écrivains par leurs critiques mais aussi par convenance subjective[19]. Aujourd’hui, le web a pris la relève où chaque auteur est en mesure d’être son propre promoteur face au public. A ce jeu Isaïe Biton Koulibaly s’y prend bien et possède une longueur d’avance sur ses pairs locaux comme le témoigne son activité intense sur Facebook. Il a fallu comprendre et prendre en compte les aspirations du public récepteur en posant le diagnostic du mal de lire des africains. Toute logique d’écrire qu’est l’offre littéraire en Afrique devrait être guidée par le besoin, la demande du lectorat. Tout en se rendant compte du contingent sociologique du développement de l’Homme Africain contenu dans son niveau d’instruction globale, son éducation et sa culture.

     L’avantage du web est que les lecteurs sont en mesure de discuter avec l’auteur. L’absence du protocole journalistique ou des critiques intermédiaires entre l’auteur et le livre d’une part, et d’autre part, entre les lecteurs et le livre lève les barrières d’appréhension du livre par le lectorat.

    Chez Isaïe Biton les lecteurs sont invités à proposer leurs photos pour la page de couverture. Des personnages portent les noms des lecteurs bien connus de l’auteur et membres du Fan Club IBK généralement. De cette approche auteur -lectorat quels peuvent être les retombées de l’apport de l’Internet dans le secteur du livre ?

  1. INTERNET, RE-EVOLUTION ET RE-EVALUATION DU CHAMP LITTERAIRE

     L’incursion du monde littéraire dans l’espace du web marque un tournant décisif dans la reconfiguration du champ littéraire. L’Internet bouleverse les habitudes incorporées, ou « habitus », des acteurs du champ, faisant de cet espace le nouveau terrain de jeu de l’acquisition de capital symbolique.

  • Les enjeux de la présence sur le web

      Les rapports de la production restreinte et la grande production au sein du champ littéraire dépendent du système de valeur de l’époque. Ce qui était la norme hier ne l’est pas forcement d’aujourd’hui et les tendances de demain peuvent aisément surclasser celles actuelles. Ce qui implique la reconstitution et la reconfiguration de l’institution littéraire. Les constituants du champ ne sont donc pas statiques vu que les moyens à la disposition des acteurs ne sont pas les mêmes. Internet est un moyen indéniable de restructuration du champ. En ce sens, qu’il est un support de création, promotion et de réception.

      Or, nous savons que les agents du champ sont impliqués dans une lutte de pouvoir où ils voudraient modeler les règles du jeu à leur avantage afin d’améliorer leur position ou de la consolider : « le champ est donc un espace social en mouvement constant où les positions des acteurs varient selon la valeur de leurs « jetons » le capital et leur habilité à utiliser leur pouvoir [20]». D’où l’importance de la présence sur l’espace web.

     Internet vient pour renforcer la lutte entre les deux classes de production basée sur les principes de reconnaissance différents. Les élites sont en quête de la reconnaissance des pairs alors que les auteurs de la littérature populaire,  toujours selon les termes de D. Braum « cherchent la reconnaissance par le plus grand nombre, matérialisée dans le nombre d’entrées, de lecteurs, d’auditeurs ou de spectateurs, donc le chiffre de vente et le profit en argent, la sanction du plébiscite étant inséparablement en ce cas d’un verdict du marché ». Aujourd’hui, le monde est à l’ère du numérique et cela n’est pas sans conséquence sur la structuration du champ. Le constat est sans appel, nous assistons à l’inversion des valeurs. D’abord Economie vs Symbolique. Sommes-nous aujourd’hui en mesure de prôner pour un écrivain l’accumulation du capital culturel et du capital social que celui du capital économique ?

      Ensuite, on a l’inversion des hiérarchies par « Capital » où l’affrontement des détenteurs du capital symbolique conféré par l’institution littéraire contre les prétendants, les nouveaux venus en quête de reconnaissance. Les dominés ne conçoivent plus la domination symbolique des agents plus dotés en Capital institué. Pour ce faire, ils cherchent des moyens peu conventionnels donc douteux en s’installant la toile : « On peut dire que c’est l’opposition de deux formes dominantes ou génériques de capitaux : le capital économique et le capital culturel qui est à la base de la structuration des sociétés. Ainsi, ils influencent plus ou moins fortement la structuration de tous les champs »[21].

     Une des variantes les plus remarquables de cette opposition de classes est la lutte des écrivains pour leurs lecteurs au détriment de leur égo. Il est clair que le champ est un espace social caractérisé par des relations et des interactions entre les acteurs selon Elias. La concurrence est le moteur de la domination qui lie les acteurs les uns aux autres car le capital est d’une répartition inégale entre les agents.  Internet favorise une redistribution du capital ce qui débouche sur une « configuration relationnelle »

      En somme le web redynamise le jeu des acteurs par l’augmentation ou la conservation de leur capital, selon les règles du jeu. Internet est le cadre de la présentation de la notion de capital où chaque auteur doit s’investir dans le jeu pour survivre car le capita a un caractère précaire qui s’amenuise si on ne l’utilise pas il fond. Une des variantes de reconsidération du rapport de concurrence entre les agents du champ et la production littéraire est la capacité de vente des livres : le best-seller.

  • Le phénomène « Best-seller »

   Etymologiquement le terme de best-seller est un emprunt de l’anglais américain qui se traduit littéralement par « meilleure vente ». Un best-seller ou livre à succès  est un livre dont le chiffre de vente figure en haut des listes des meilleures ventes des librairies et des emprunts en bibliothèques. Ils se subdivisent en deux catégories dont les livres de fiction et non-fiction.  C’est justement à ce niveau que les réseaux sociaux révolutionnent l’activité littéraire par  un important effort marketing pour fournir aux  différents acteurs de la chaîne de publication les moyens de créer l’attraction autour du titre.

      La création d’un best-seller peut-être mécanique selon un processus bien défini. D’abord, il faut une grande production de livres, ensuite les introduire dans un circuit de distribution. En outre les livres commercialisés doivent être chiffrés et connus afin d’établir une bibliométrie efficiente. Enfin, il importe de transmettre les informations sur l’ensemble des activités commerciales du livre. On ne peut parler de best-seller sans acheteurs. L’espace du web regorge une population de plus en plus nombreuse et qui constitue une population de lecteurs et acheteurs potentiels car, le nombre d’internautes est en perpétuelle croissance[22].

    Cependant, le choix du livre est un processus qui survient avant l’acte de lecture dans un mécanisme de préachat sur Internet. Ce qui favorise les ambitions des grandes maisons d’édition, qui recherchent incessamment des best-sellers pour assurer leur survie financière. Enfin de compte, le livre est un produit commercial au sens propre comme au sens figuré dont les agents du circuit de production unissent leurs compétences.

     Les éditeurs et les libraires perçoivent désormais le livre comme un produit de consommation. A l’occasion d’une parution de roman, les professionnels du secteur ne peuvent ignorer le rôle puissant de la communication et Internet leur offre cette plateforme à moindre coût. Pour le lancement du dernier roman d’I. B. Koulibaly (2015) Comme une femme enceinte ses fans ont bénéficié de la primeur de l’information des différents rendez-vous de dédicace de l’auteur sur le réseau social.

    Internet a de façon incontestée révolutionné les techniques de marketing. La communication est au cœur du circuit de production et Internet surclasse les autres médias : presse écrite, radio et télévision. Isaïe Biton reconnaitra dans une confidence que depuis qu’il a investi Facebook, ce réseau social a boosté la vente de ses romans et nouvelles[23].

     La porosité du clivage littérature de masse et littérature de marque est entretenue par la finalité Argent. Toute maison d’édition est avant une société commerciale qui à des obligations fiscales, des salaires à payés aux agents, un contrat de bail pour le local. Alors l’éditeur nourrit le secret de rentabiliser son investissement. Alors se faire éditer par un grand éditeur comme Gallimard par exemple ne serait plus l’objectif de l’écrivain mais se faire vendre.

CONCLUSION

    Cette étude aura eu pour objectif de concilier plusieurs domaines d’activité en occurrence les nouvelles technologies, les médias, la littérature et la sociologie le tout cousu dans un discours social. Cette analyse a non seulement montré la complémentarité de ces différents secteurs mais elle a aussi exhumé l’impact d’Internet sur l’activité littéraire. De cet impact résulte des questionnements légitimes sur l’institution littéraire, même du champ littéraire et les nouvelles perspectives de l’étude littéraire dans les champs voisins (Nouvelles technologies, Médias, Economie, Politique, Sociologie, Religion, Culture…).

    Enfin de compte, la littérature en s’investissant dans les nouvelles technologies a montré l’influence d’Internet sur les nouvelles habitudes, les attitudes incorporées des populations.  Ce que Bourdieu nomme « habitus » d’où le caractère sociologique de la présente étude. Enfin de compte, c’est une visée économique qui s’est mise en place par la mise en scène publicitaire des agents et des produits livres.

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Professeur Dietmar Braun, 1999-2000, « cours sur Bourdieu au sein de cours de concepts de base en science politique (CBSP) » à la faculté des sciences sociales et politiques (SSP) de l’université de Lausanne, http://www-ssp.unil.ch/IEPI/CBSP2000/Bourdieu/CoursBourdieu

Rieffel Rémy, 2006, « L’évolution du positionnement intellectuel de la critique culturelle », in Quademi n° 60, pp 55-64 http://www.persee.fr/

[1] Paul Dirkk, Sociologie de la littérature, Armand Colin, Paris, 2000

[2] David K. N’goran désigne de prétendants, les écrivains démunis de capital symbolique qui frappent à la porte de la reconnaissance de leurs pairs et de l’institution littéraire d’un champ littéraire donné.

[3] Paul Valéry, « La liberté de l’esprit », Regards sur le monde actuel, Œuvres, Paris, Gallimard, 1960. « Bibliothèque de la Pléiades », tome 2.

[4] Paul Valéry cité par Pascale Cassanova, dans La République mondiale des lettres, Editions du Seuils, Paris, 1999, pages 32

[5] Les chiffres de vente sont extraits de l’article de David K. N’goran, « Ecrire, lire, penser et vivre à partir du continent. Le « phénomène Isaïe Biton Koulibaly » en Côte d’ivoire ou les dernières lignes d’un champ littéraire national » paru dans French Studies in Southern  Africa  n°44.2 (2014), pages 168-189

[6] Professeur Dietmar Braun, cours sur Bourdieu au sein de cours de concepts de base en science politique (CBSP) à la faculté des sciences sociales et politiques (SSP) de l’université de Lausanne année académique 1999-2000.http://wwwssp.unil.ch/~IEPI/CBSP2000/Bourdieu/CoursBourdieu.

[7] Idem

[8] Ahoutou Escoffier Ulrich Kouassi, Le souterrain : un lieu de rencontre entre Verne et Zola  http://sociotexte.org/le-souterrain-un-lieu-de-rencontre-entre-verne-et-zola. Consulté le 22février 2017 à 01h 27.

[9] Les tenants de l’école de Constance que sont Hans Robert Jaus dans Pour une esthétique de la réception, éditions Gallimard et  Wolfgang Iser avec son ouvrage L’acte de lecture, théorie de l’effet esthétique, éditions Mardaga ont donné une position privilégiée aux lecteurs.

[10][10]Ahoutou Escoffier Ulrich Kouassi, op cit,

[11] Définition extraite de Le dictionnaire du littéraire, p, 734

[12] Julien Benda, La Trahison des clercs, 2003  Les Cahiers rouges, Grasset, (première édition 1927

[13] Pierre Bourdieu, Questions de la sociologie, 2006, Paris, Minuit,

[14]Jerôme Meizoz, Postures littéraires. Mises en scène modernes de l’auteur, Slatkine, 2007

[15] William Gibson,  est un écrivain américain de science-fiction et l’un des fondateurs du mouvement « cyberpunk ». Le cyberpunk  est une association des mots cybernétique et punk. C’est un genre de la science-fiction à une dystopie et la hard science-fiction où il est question des futurs des sociétés technologique.  Neuromancer est son premier roman de science-fiction publié en 1984 et qui assurément influencé Les mangas, Ghost in the shell, Akira et le film Matrix.

[16] Jon Reed et Christine Balagué, op cit p.161

[17] Les profiles Facebook de l’auteur Isaïe Biton Koulibaly et de ses émules.

[18]La téléréalité est une forme de mise en scène médiatique intimiste dans la catégorie des émissions de divertissement dont l’une des icônes est la famille Kardanshian avec Kim Kardanshian sur la chaine de télévision

[19]Un des exemples édifiant est le cas de l’écrivain Yambo Ouologuem, Le Devoir de violence. Editions du Seuil, 1968, 207 pages. (Réédité au Serpent à plumes en 2003.)

C’est en 1968 que Yambo OUOLOGUEM écrit son premier livre, Le Devoir de violence. Il reçoit pour celui-ci le prix Renaudot la même année ; il est alors le premier romancier africain à recevoir cette distinction. Ce livre traite de la dynastie africaine fictive des Saïfs, seigneurs féodaux africains. Il dépeint la participation africaine au colonialisme à travers des chefs locaux qui vendaient leurs sujets aux marchands arabes et occidentaux. Son livre suscite de nombreuses critiques et polémiques après les indépendances où il était de bon ton de mythifier l’Afrique et ses rapports à l’Occident1 à l’instar de Léopold  Sédar Senghor et de la Négritude. Il sera aussi accusé de plagiat notamment de C’est un champ de bataille de Graham GREENE, et Le Dernier des Justes d’ANDRE SCHWARTZ-BART ; OUOLOGUEM dira alors avoir utilisé dans son manuscrit des guillemets.

Des accusations de plagiat surgirent, infondées, mais le mal était fait : pour le microcosme littéraire français, Yambo OUOLOGUEM était frappé d’indignité. Il écrivit alors une cinglante Lettre à la France nègre et, sous pseudonyme, une « encyclopédie pornographique » Les Mille et une bibles du sexe. Puis, il disparut pour toujours dans son Mali natal.

[20] Le champ littéraire se présente comme un espace de jeu basé sur le rapport de force des participants. Chaque joueur possède des acquis à valeur inégale. Les plus dotés en capital possèdent le pouvoir de bénéficier des avantages dus à leur rang et même de fixer les règles que les moins dotés en capital devront subir.

[21]Dietmar Braun, op cit

[22] Dans les pays industrialisés comme en Europe, au Canada et au Etats unis, Internet est le principal d’information préachat à hauteur de 70% et 33millions d’Internautes en France en 2009. En outre le secteur d’Internet est en nette croissance surpassant le circuit de distribution classique avec une hausse de 25% en moyenne. Sources : Forestier Réseau août 2009 (Etude ICE-bilan e-commerce 2008, FEVAD, KPM6). EIAA : European Interactiv Adversing Association 2008 et Médiamétrie- Observatoire des usages Internet, 1er semestre 2009, Baromètre FEVAD, Médiamétrie/Net rating, mai 2009.

[23] Nous tenons ses propos pour vérité à l’observation de la tendance des ventes ou de l’influence de l’auteur dans le champ littéraire ivoirien.   Ah les femmes, 5000 exemplaires vendus en un mois avec plus de 15 rééditions, un record en Afrique ; La parenthèse délicieuse meilleure vente du groupe Librairie de France, La bête noire, meilleure vente du réseau librairie de France en 2008,

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