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Argumentaire

 La sociologie de la littérature est une des branches les plus connues, mais avec sa part de paradoxe, une des moins systématisées de la littérature générale et comparée. Cet état de fait tient d’au moins deux facteurs : le premier, d’ordre épistémologique, pose une question que la science s’est toujours posée à propos de son rapport à la société des hommes. Ici, la difficulté est encore plus sévère tant que le régime de positivité du « littéraire » formule une promesse arrimée davantage à la notion de « représentation », plus qu’à celle de « prescription ». Mieux encore, la recherche en littérature ne peut revendiquer une méthodologie propre. Elle ne s’exprime qu’en empruntant son discours aux domaines voisins des sciences humaines et sociales (linguistique, histoire, ethnologie, sociologie, psychanalyse, traductologie, etc.), sans pour autant parvenir à donner « réponse » à la question fondamentale qui est de savoir ce que c’est que la littérature, en fin de compte.

Le deuxième facteur est, à la fois, de l’ordre de l’histoire et de la sociologie de la critique telle qu’elle aura formulé la problématique de la responsabilité et/ou de l’engagement de l’écrivain, en tant que sujet social. Ici, sous fond d’héritage néo-romantique, la sociologie de la littérature a monopolisé cette fonction au point de faire tanguer la balance de l’acte de lecture du texte à l’avantage du « contexte » sur le « texte », de la « fonction» sur la « structure », du « fond » sur la « forme ». Quand elle s’exerce en contexte africain, la sociologie de la littérature n’offre que la configuration d’un ensemble de représentations pouvant se réclamer à la fois d’un corps doctrinal, avec ses acteurs militants, sa foi et ses croyances, ses propositions principielles, et ses fonctions sotériologiques affectées au texte littéraire. Ses discours constituants sont presque d’un fourre-tout idéologique (sociocritique marxisante, panafricanisme, lecture nationaliste, critique « Off shore » et autres logiques anti-altérité blanche…). Plus encore, ses praticiens n’ont pas à proprement dit une pratique avérée du

« métier de sociologue », au point de tenir pour « vrai », mais sans doute également par manque de compétence interdisciplinaire, tout sociologisme de style journalistique formulé sur le texte produit en contexte africain ou l’ayant comme référent.

Cette revue voudrait donc se poser comme un espace de reformulation, d’échanges, de réflexion, et de propositions à propos des hypothèses majeures de la sociologie de la littérature, et partant, de la littérature comparée selon le « terrain africain ». Elle s’intéressera, entre autres, aux points suivants :

– Le rapport entre la littérature africaine et sa société.

– Les conditions socio-littéraires de production, de diffusion et de consommation du texte selon les déterminants prescrites par les institutions africaines.

– Les situations sociohistoriques, somme toutes, postcoloniales des œuvres.

– Les possibles (ré) définitions de « la littérature africaine» selon un état de société, une période historique et une logique discursive bien déterminée.

– Le corpus des récits, de grande ou petite taille qui prospèrent sous formes de littérature de  combat, d’humeur ou d’idées, donnant à voir les grands corps des représentations collectives et leurs idéologies respectives.

– Les conditions sociologiques d’un champ littéraire africain et ses implications théoriques,

analytiques et épistémologiques.

– Le profil des sujets, des agents et leurs pratiques culturelles.

– Le dialogue entre littérature et science humaines d’obédience africaniste.

– Les postulats identitaires entre discours identitaire et inclinaisons individualistes.

– La langue des sujets, des littératures et des institutions des pays dominés.

– Etc.

Organisation

Directeur de publication : Madame Virginie Konandri, Professeur titulaire de Littérature comparée, Université Félix Houphouët-Boigny (Abidjan, Côte d’Ivoire).

Directeur de la rédaction : Monsieur David K. N’GORAN, Maître de Conférences de littérature comparée, diplômé de Science politique, Université Félix Houphouët-Boigny (Abidjan, Côte d’Ivoire).

Secrétariat de la rédaction : Monsieur Koné Klohinwele, Maître-assistant, spécialiste d’études africaines anglophones à l’Université Félix Houphouët-Boigny, (Abidjan, Côte d’Ivoire).

Comité scientifique

– Prof. ADOM Marie-Clémence (Université Félix Houphouët-Boigny, Cocody, RCI)

– Prof. AKINDES Francis (Université Alassane Ouattara, Bouaké, RCI)

– Prof. BERNARD Mouralis (Université de Cergy-Pontoise, France)

– Prof. BERNARD de Meyer (Université du Kwazulu natal, Afrique du sud)

– Prof. COULIBALY Adama (Université Félix Houphouët-Boigny, Cocody, RCI)

– Prof. DIANDUE Bi-Kacou (Université Félix Houphouët-Boigny, Cocody, RCI)

– Prof. DIOP Papa Samba (Université Paris XIII, France)

– Prof. FONKOUA Romuald (Université de Paris IV, Sorbonne nouvelle, France)

– Prof. HALEN Pierre (Université de Metz, France)

– Dr. AKASSE Clement (Howard University, Washington DC, USA)

– Prof. KONANDRI A. Virginie (Université Félix Houphouët-Boigny, Cocody, RCI)

– Prof. KOUAKOU Jean-Marie (Université, Félix Houphouët-Boigny, Cocody, RCI)

– Prof. MAGUEYE Kasse (Université Cheik Anta Diop, Dakar, Sénégal)

– Prof. MEKE Meite (Université Félix Houphouët-Boigny, Cocody, RCI)

-Prof. Sissao Alain, (Université de Ouagadougou, Burkina Faso)

– Prof. SORO Musa David (Université Alassane Ouattara, Bouake, RCI)

– Prof. ISAAC Bazié, (Université du Québec à Montréal, Canada)

-Prof. Yéo Lacina (Université Félix Houphouët-Boigny, RCI)

– Prof. WESTHAL Bertrand (Université de Limoges, France)

 

Membre de la rédaction :

  1. Prof. COULIBALY Daouda (Université Alassane Ouattara, Bouaké, Anglais)
  2. Prof. FIEDO Ludovic (Université de Bouaké, Philosophie)
  3. Prof. Lezou Aimée Danielle (Université Félix Houphouët-Boigny, Cocody, Lettres Modernes)
  4. Prof. N’GORAN K. David (Université Félix Houphouët-Boigny, Cocody, Lettres modernes)
  5. Prof. Soko Constant (Université Félix Houphouët-Boigny, Cocody, Sociologie)
  6. Prof. SYLLA Abdoulaye (Université Félix Houphouët-Boigny, Cocody, Lettres Modernes)
  7. Prof. YEO Lacina (Université Félix Houphouët-Boigny, Cocody, Allemand)
  8. Dr. Angoran Anasthasie (Université Félix Houphouët-Boigny, Cocody, portugais)
  9. Dr Konaté Siendou (Université Félix Houphouët-Boigny, Ontario, Anglais)
  10. Dr Koné Klohinwele (Université Félix Houphouët-Boigny, Anglais)
  11. Dr Kouakou Séraphin (Université Félix Houphouët-Boigny, Lettres modernes)
  12. Dr Imorou Abdoulaye (Université du Kwazulu Natal, études françaises)
  13. Dr Soumahoro Sindou (Université Félix Houphouët-Boigny, Cocody, Anglais)
  14. Mlle. Assanvo Rosemonde (Universités Paris XIII, UFHB, Doctorante, Lettres modernes)
  15. M. Dobla Aimé (Université Félix Houphouët-Boigny, Doctorant, Lettres modernes)
  16. M. Gbazalé Raymond (Université Félix Houphouët-Boigny, Doctorant, Lettres modernes)
  17. M. Kouadio Immac (Université Félix Houphouët-Boigny, Doctorant, Lettres modernes).