L’esthétique du personnage fantastique dans le fonctionnement narratif des saintes écritures : DOTCHE Ezin Jean-Pierre

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L’ESTHETIQUE DU PERSONNAGE FANTASTIQUE DANS LE FONCTIONNEMENT NARRATIF DES SAINTES ECRITURES

 

DOTCHE Ezin Jean-Pierre
(UNIVERSITE d’ABOMEY CALAVI / BENIN

 

Résumé : Considéré comme l’intrusion brutale de phénomènes surnaturels dans le cadre de la vie réelle, le fantastique est une catégorie esthétique transgenre. Il comporte de nombreuses spécificités repérables dans certains textes fondateurs de la littérature. C’est le cas des livres d’Ezéchiel, Zacharie, Daniel et de l’Apocalypse de saint Jean. Une appropriation de ces textes apocalyptiques nous a permis de découvrir qu’ils regorgent de certaines spécificités du fantastique, le dédoublement de personnalité, l’intensité du désir sexuel, la peur, le reflet d’une réalité sociale du monde. Ce constat nous a conduit à entreprendre une étude de l’esthétique du personnage fantastique dans ces œuvres sacrées extraites de la Bible. Cette étude nous a permis de déceler dans la structuration de ces textes des germes du genre fantastique tels que la vision et l’onirisme qui sont des aspects fondamentaux de l’esthétique du personnage fantastique.

Mots clés : fantastique, personnage fantastique, esthétique, apocalypse.

Abstract: Considered as violent intrusion of supernatural phenomenon in the frame of actual life, the fantastic is a genre of aesthetic transgender. It includes multiple fixable specificities in certain founder literature texts. It’s the case of the books of Ezekiel, zechariah, Daniel and Saint John’s Apocalypse. An appropriation of these apocalyptic texts allow us to discover that they abound some fantastic specificities, personality doubling, sexual desire intensity, fear, social reality reflection of the world. This note leads us to undertake a study on fantastic aesthetical character in these sacred works extract from the Bible. This study allowed us to uncover in the structuration of these texts, germs of fantastic genre such as vision and oneirism which are the fundamental aspects of fantastic aesthetical character.

Key words: fantastic, fantastic character, aesthetic, apocalypse.

 

 

INTRODUCTION

Tout contexte a un impact sur les productions littéraires qui en proviennent. Les écrivains se réfèrent, en effet, dans leurs œuvres, à certains textes fondateurs de la littérature tels que : la Bible, L’Iliade et L’Odyssée d’Homère, L’Enéide de Virgile et les Métamorphoses d’Ovide, la littérature orale profane et sacré, et les cosmogonies. Les contenus de ces ouvrages sont en général ceux qui sont les plus récurrents dans la littérature.

Le fantastique, catégorie esthétique, comporte de nombreuses spécificités repérables dans ces textes fondateurs de la littérature. Au nombre de celles-ci, figurent les personnages fantastiques. Ce genre a inspiré, entre autres, plusieurs travaux qui se sont préoccupés rarement de récits sacrés extraits de la Bible. Or, une appropriation de ces œuvres pour une meilleure perception des récits fantastiques s’avère nécessaire dans un contexte où la littérature profane ne suffit plus à elle seule pour le développement intégral de l’homme et, en conséquence, pour le développement de la société.

Nous avons donc entrepris de travailler sur un corpus extrait de la Bible, une œuvre sacrée où nous avons été séduit par la récurrence de certaines spécificités du fantastique, le dédoublement de personnalité, l’intensité du désir sexuel, le reflet d’une réalité sociale du monde, relatives aux actions des personnages. Cet état de fait nous a conduit à entreprendre une étude de la présence du fantastique dans ces œuvres sacrées extraites de la Bible. Le cadre de notre recherche nous a contraint à limiter le nombre des livres sur lesquels nous fondons nos analyses aux textes d’Ezéchiel, de Zacharie, de Daniel et de l’Apocalypse de Saint Jean.

Les questions fondamentales auxquelles nous tentons de répondre dans cette étude sont les suivantes : comment le fantastique sous-tend-il l’écriture des œuvres de notre corpus apocalyptique ? Ce genre contribue-t-il à leur caractère sacré ? Qu’est-ce qui confère à ces textes leur littérarité ?

Notre recherche est guidée par le souci de mettre en lumière la fonction des personnages dans les textes retenus, structurés selon nos observations, à partir de l’esthétique fantastique.

Ainsi, nous partons des hypothèses suivantes : les personnages fantastiques sont identifiables dans les textes sacrés de notre corpus apocalyptique. La présence de ces personnages fantastiques produit un effet de terreur et d’hésitation sur le lecteur. La compréhension de la fonction de ces personnages permet de mieux accéder aux contenus des textes choisis.

Pour mener à bien cette étude, nous avons choisi une approche plurielle qui fait référence à la sociocritique de M. Zéraffa, de L. Goldman, et à la critique textuelle des structuralistes : T. Todorov et P. Hamon.

Nous avons structuré le travail en deux parties. Dans la première, nous définissons le personnage fantastique et précisons son mode de fonctionnement. Dans la seconde, nous classifions les personnages fantastiques par catégorie et mettons en relief leurs fonctions dans les œuvres choisies pour mieux appréhender leur littérarité.

  • PERSONNAGE FANTASTIQUE : DEFINITION ET MODE DE FONCTIONNEMENT  

 

              1-Définition

Nous ne saurons préciser ce que nous entendons par « personnage fantastique » sans clarifier au préalable le concept de « fantastique ». En effet, est une catégorie d’esthétique littéraire. Nous avons le fantastique traditionnel et le fantastique moderne. En anglais, le fantastique traditionnel est appelé « dark fantasy ». Il renvoie, entre autres, à la démonologie, au pacte démonologique, aux fantômes, aux personnages dont les attributs sont à la fois zoomorphiques et anthropomorphiques. Cette catégorie du fantastique concerne les récits dans lesquels l’ambiance est très sombre et proche de l’apocalypse. Les auteurs de ces types de récits présentent la plupart du temps une œuvre évoluant dans l’horreur en laissant découvrir des détails sur les combats qui s’y déroulent. Cela confère à leurs textes une dimension plus violente, souvent proche de l’horreur sans pour autant en faire partie. Dans le fantastique moderne ou contemporain, la préoccupation des auteurs est plus axée sur les problèmes actuels. Ce fantastique épouse les conditions liées à l’évolution d’un monde frappé par la globalisation et victime de l’avancée de la science et de la technique. Les auteurs de cette catégorie de fantastique abordent dans leurs récits des thèmes qui, bien que vraisemblables, suscitent interrogations, inquiétudes, suspenses, hésitations, voire parfois l’horreur.

Les textes de notre corpus représentent un bel exemple de la littérature fantastique. Ils présentent des personnages dont l’action nous place en présence de l’inexplicable. Clarifions alors ce que nous entendons par le personnage fantastique.

Le mot personnage, en effet, vient du latin « persona » qui désigne le masque de l’acteur de théâtre. C’est Cicéron qui aurait introduit ce mot dans la littérature latine après l’avoir emprunté au grec « prosôpon » qui signifie rôle, caractère. D’une manière générale, « un personnage est une personne fictive d’une œuvre littéraire ou théâtrale, un rôle joué par un acteur »[1]. En d’autres termes, un personnage est relatif à « chacune des personnes qui figure dans une œuvre théâtrale et qui doit être incarnée par un acteur, une actrice »[2]. Dans le vocabulaire des études littéraires, un personnage est, selon H. Benac et B. Reaute (1993, p. 177) un « …rôle défini par un certain nombre d’attitudes propres (nom, fonction sociale, aspect physique, caractère, etc.) qui tendent à en faire une personne, c’est-à-dire un être de chair et d’os à qui l’on prête un contenu psychologique ».

La notion de personnage a été traitée par de nombreux chercheurs. Nous exposons quatre points de vue différents à propos de ce même concept.

Ces points de vue nous semblent importants dans le cadre de notre recherche. Selon Vladimir Propp, (1965, p 100) « …les êtres vivants, les objets et les qualités doivent être considérés comme des valeurs équivalentes du point de vue d’une morphologie fondée sur les fonctions des personnages ». Pour lui, peu importe l’acte que pose le personnage, sa fonction ne change pas. Boris Tomachevski, (1965, pp. 297-298) pour sa part, met plutôt l’accent sur la caractérisation du personnage. Dans son article « Thématique », il affirme :

La présentation des personnages, sortes de supports vivants pour les différents motifs, est un procédé courant pour grouper et enchaîner ces derniers. (…) Le personnage joue le rôle d’un fil conducteur permettant de s’orienter dans l’amoncellement des motifs, d’un moyen auxiliaire destiné à classer et à ordonner les motifs particuliers. D’autre part, il existe des procédés grâce auxquels nous pouvons nous retrouver dans la foule des personnages et la complexité de leurs rapports. (…)Caractériser un personnage est un procédé qui sert à le reconnaître. On appelle caractéristique d’un personnage le système de motifs qui lui est indissolublement lié.

Dans « Pour un statut sémiologique du personnage », P. Hamon propose une étude du personnage à partir des signes. Pour lui, la notion de personnage n’est ni exclusivement littéraire, ni exclusivement anthropomorphique, ni exclusivement liée à un système sémiotique. Elle est, selon P. Hamon (1977, p. 119) « autant une reconstruction du lecteur qu’une construction du texte ».

De tout ce qui précède, le personnage fantastique est cet actant du récit fantastique qui est le plus intiment lié à l’élément fantastique et qui, comme il représente un univers à part, jouit d’une tradition littéraire et offre une gamme limitée de types. Le personnage fantastique classique, traditionnel est l’esprit malin dans son appareil légendaire anthropomorphique. Le diable, le fantôme, le vampire, le loup-garou font partie des personnages fantastiques dits traditionnels ou classiques. Ceci étant, précisons le mode de fonctionnement du personnage fantastique dans les œuvres du corpus.

  • Mode de fonctionnement

Les textes du corpus appartiennent à un genre donné, le genre apocalyptique. De ce fait, partons de la clarification de ce genre pour préciser la manière d’agir des personnages fantastiques.

Le genre apocalyptique est en effet un courant de pensée, une manière d’écrire issus du prophétisme pour révéler l’espérance des temps à venir à un peuple, qui, sous le poids des difficultés actuelles, est plongé dans un désespoir total. C’est un courant très répandu dont les auteurs utilisent des visions, un langage et des images qui provoquent une foi totale en Dieu. Afin de maintenir l’espérance d’un peuple désespéré, ces auteurs utilisent des personnages qui fonctionnent comme des devins et dont les actions suscitent le suspense, l’hésitation et la terreur sacrée. Ce sont des personnages qui évoluent dans un espace où ils sont souvent confrontés à un événement surnaturel, à quelque chose qui ne peut pas arriver, et qui pourtant arrive. Cet événement provoque un sentiment de peur, exprimé par de nombreux termes relavant du champ lexical de l’épouvante d’une part, et d’autres moyens comme la ponctuation (phrases exclamatives et interrogatives, points de suspension) d’autre part. Ce qui provoque un sentiment d’incertitude, d’hésitation chez le lecteur.

II- FONCTIONS DES PERSONNAGES FANTASTIQUES DANS LES TEXTES DU CORPUS APOCALYPTIQUE

Lorsqu’on aborde la question relative à la fonction d’un personnage, on se réfère souvent aux définitions données par Vladimir Propp et A.J. Greimas. Des travaux de V. Propp (1965, p 31)  il ressort que « Par fonction, nous entendons l’action d’un personnage, définie du point de vue de sa signification dans le déroulement de l’intrigue ». Greimas, quant à lui, a repris, dans son étude consacrée à la sémantique structurale, les analyses de Propp et Souriau, et a tenté un rapprochement entre leurs inventaires et les fonctions syntaxiques dans la langue : sujet, objet, complément d’attribution, complément circonstanciel. A partir de ces prémisses, Greimas a proposé de décrire et de classer les personnages du récit, non selon ce qu’ils sont mais selon ce qu’ils font. C’est ainsi qu’il a pu inventorier des actants dont le système des relations définit le schéma actanciel. Au total, les actants sont au nombre de six : sujet, objet, destinateur, destinataire, adjuvant, opposant, et ils jouent tous des rôles distincts dans les récits.

Nous venons de donner un point de vue narratologique de la fonction d’un personnage. Toutefois, dans le cadre de notre étude, nous ne nous intéressons pas de façon globale aux personnages mais spécifiquement aux personnages fantastiques. Ces personnages emblématiques créés dans l’univers du corpus apocalyptique sur lequel nous fondons notre étude ont une fonction bien précise. Notre analyse mettra en exergue la finalité escomptée par les auteurs des textes de ce corpus dans la réalisation de ces types de personnages dans leurs productions littéraires.

A l’aide des théories de Tzvetan Todorov et Philippe Hamon, qui sont les mieux adaptées pour décortiquer les différentes fonctions des personnages fantastiques, nous montrons que l’une des fonctions principales d’un personnage fantastique réside dans sa capacité à favoriser au niveau de l’auteur et du lecteur une sorte de Catharsis. Pour ce faire, nous allons d’abord définir les différentes catégories de personnages selon les recherches de chacun de ces théoriciens. Ensuite, nous ferons la classification des personnages sous chacune des rubriques. Enfin, nous faisons des analyses pour préciser leurs fonctions dans les textes du corpus.

  • Typologie et Fonction des personnages fantastiques

Todorov, dans sa recherche sur le fantastique et les personnages afférents, entreprend une démarche innovante. Selon lui, il y a une façon thématique d’identifier, de faire la distinction entre de nombreux personnages dans une littérature dite fantastique. Bien qu’en général ceux qui inspirent la peur, la terreur sacrée par leurs exploits ou tout simplement leurs apparences physiques soient les plus faciles à repérer, il existe des personnages fantastiques plus subtils, moins évidents pour un non-érudit. Il répartit, à cet effet, les personnages fantastiques en deux groupes : selon les thèmes du « je » et du « tu ».

2 -1-1 Les personnages des thèmes du « je » et leurs fonctions

Les thèmes du « je », en effet, prennent en considération les êtres surnaturels plus puissants que des hommes, capables de voler ou de déplacer des objets dans l’espace. Ils correspondent au réseau de thèmes qualifiés par Freud comme un « système de perception-conscience » et qui sont engendrés par la mise en question de la limite entre la matière et l’esprit. Ces thèmes fondamentaux sont : le pan-déterminisme, la multiplicité de la personnalité, le regard, la rupture de la limite entre sujet et objet, enfin une causalité particulière.

Todorov fait remarquer que les œuvres liées à ce réseau thématique font ressortir la problématique de la perception et tout particulièrement celle du sens fondamental, la vue. Aussi pense-t-il que ces thèmes peuvent être appelés thèmes du regard. Par ailleurs, il précise que toute apparition d’un élément surnaturel est accompagnée par l’introduction parallèle d’un élément appartenant au domaine du regard. Il s’agit particulièrement des lunettes et du miroir. L’analyse des textes de notre corpus apocalyptique révèle la présence de certains personnages de ce thème que sont :

Ezéchiel, fils du prêtre Buzi : Il est le héros du livre d’ « Ezéchiel ». Il eut beaucoup de visions et d’Oracles du Seigneur. Il donna le sens de toutes ses visions, du chapitre 1 au chapitre 12 et du chapitre 37 au chapitre 48, et de tous ses oracles, du chapitre 13 au chapitre 36, aux habitants du milieu dans lequel il vit.

Zacharie fils de Bèrêkya : C’est le héros du livre de « Zacharie ». A l’instar d’Ezéchiel, il reçut plusieurs visions divines, du chapitre 1 au chapitre 6, et des oracles, du chapitre 7 au chapitre 14. Il donna le sens de tous ses visions et oracles aux populations.

 Daniel le judéen : C’est le héros du livre de « Daniel ». Il a joué un rôle prépondérant dans l’interprétation des songes au roi de Babylone où il est déporté, du chapitre 2 au chapitre 6. Il eut lui-même des visions divines et donna le sens de chacune d’elles au peuple de Dieu, du chapitre 7 au chapitre 12.

Saint Jean : ll est le héros du livre de « l’Apocalypse ». Beaucoup de révélations divines lui sont faites. Il a fait connaître le sens de toutes ses visions divines à toutes les églises du peuple de Dieu. Tout le contenu de son livre est constitué de révélations divines.

Ces personnages que nous venons de relever ont une double personnalité au regard de leurs actions. D’abord, ils sont des êtres humains de par leur physique et leur cadre de vie. Ensuite, ils sont dotés d’un don spécial et se livrent à un exercice particulièrement mystérieux. Ils entrent dans la peau du devin et interprètent des visions divines, des oracles du seigneur et des songes. Ce qui suppose qu’ils sont en communication, en relation avec un être surnaturel. Ils sont des personnages protéiformes dont les multiples faits font découvrir en eux l’un des thèmes fondamentaux du fantastique : la multiplicité de la personnalité. Ils sont non seulement des hommes ordinaires de par leur physique mais aussi des prophètes capables de prédire l’avenir.

Par ailleurs, Todorov ne se contente pas seulement des thèmes du « je » pour classifier les personnages fantastiques. Il les regroupe aussi sous les thèmes du « tu ».

2-1-2 Les personnages des thèmes du « tu » et leurs fonctions

Les thèmes du « tu », en effet, désignent simplement le désir sexuel pur et intense. Sous cette dernière catégorie, sont classées toutes les formes de déviances sexuelles telles que l’homosexualité, l’inceste, l’amour à trois, le désir proche du sadisme, en occurrence la cruauté, etc. Certains personnages de cette catégorie apparaissent dans les livres de notre corpus. Exceptés le livre de Zacharie et celui de Daniel où ne se manifeste pas ce genre de thème, ceux d’Ezéchiel et de Saint Jean en révèlent quelques manifestations que sont :

Ohola : C’est une femme qui fait la rencontre de plusieurs amants. Elle mène une vie de débauche avec tous les jeunes hommes qui la séduisaient. L’intensité de sa sensualité n’a pas pu être satisfaite par son mari. Bien qu’étant mariée, Ohola offrait toujours ses faveurs aux hommes qui manifestaient le désir d’avoir des relations idylliques avec elle. Le passage suivant révèle combien le désir sexuel de cette femme est intense : « Mais Ohola se prostitua au lieu de rester mienne. Elle montra sa sensualité avec ses amants, avec les Assyrie : militaires vêtus de pourpre, gouverneurs, préfets, tous hommes jeunes, séduisants, cavaliers montant des chevaux. » EZ 23.5-7.

Oholiba : Elle est la petite sœur d’Ohola. A l’instar de sa grande sœur, elle se laissa aller à d’énormes déviances sexuelles qu’aucune menace infligée à sa sœur aînée n’a pu opprimer. Elle est d’une intensité sexuelle exceptionnelle comme le témoigne cet extrait :

 

Sa sœur Oholiba vit tout cela, mais elle fut corrompue et plus sensuelle encore, ses débauches devinrent pires que celles de sa sœur. Elle montra sa sensualité avec les fils d’Assour, gouverneurs préfets militaires vêtus à la perfection, cavaliers montant des chevaux, tous jeunes hommes séduisants. Et je vis qu’elle s’était rendue impure : toutes deux avaient pris le même chemin.  (Ez 23. 1 1-14).

La grande prostituée assise sur une bête : C’est une femme de mœurs légères. Elle a aussi mené une vie de débauche à l’image d’Ohola et d’Oholiba. C’est ce qu’illustre le passage suivant : « Avec elles les rois de la terre se sont prostitués, et les habitants de la terre se sont enivrés du vin de sa prostitution. ». (Ap 17.2).

L’analyse ci-dessus montre tout simplement le côté obsessionnel de la passion que certains personnages ont développée dans les textes du corpus. L’on constate qu’ils n’ont pas pu maîtriser leur désir de sensualité. Cette intensité de passion peut être qualifiée de destructrice, d’abominable. A ce propos, Todorov (1970, p. 134) écrit : « Le désir, comme tentation sensuelle, trouve son incarnation dans quelques-unes des figures les plus fréquentes du monde surnaturel, en particulier dans celle du diable. On peut dire, en simplifiant, que le diable n’est qu’un autre mot pour désigner la libido ». C’est pour cela que nous classons ces personnages dans la catégorie des thèmes du « tu ». Il importe de signaler également que le type de désir qu’incarnent ces personnages est imagé. Dans le contexte religieux, en effet, et plus précisément dans le cas d’espèce, la prostitution désigne aussi l’idolâtrie comme le souligne cette précision du livre d’Ezéchiel sur le terme « se prostituer » : « se prostituer : langage imagé fréquent dans l’Ancien Testament pour désigner des idoles », (Ez 16. 17).

Selon Todorov, cette typologie thématique aide à analyser les œuvres littéraires fantastiques. Elle révèle des aspects significatifs d’une œuvre.

Par ailleurs, les écrivains peuvent dans leurs ouvrages traiter des sujets tabous, des sujets interdits sans être censurés. Car il est de notoriété publique que l’intervention de l’élément surnaturel dans les récits fantastiques constitue toujours une rupture dans le système des règles préétablies. Les auteurs des textes de ce corpus procèdent, nous semble-t-il, à cette transgression des règles établies dans leur société d’origine. Ils mettent en perspective les données sociales des habitants des royaumes d’Israël et de Juda pour les interroger et certainement pour les épurer.

Dans ce qui suit, nous examinons le point de vue d’Hamon sur l’étude des fonctions des personnages fantastiques. Sa façon d’aborder les personnages fantastiques est différente de celle de Todorov. Mais elle nous permet d’explorer d’autres aspects de ces personnages. Néanmoins, le résultat demeure le même parce que débouche sur la même fonction, celle cathartique.

Philippe Hamon, en effet, utilise une approche sémiologique pour étudier la notion de personnage. Il choisit, pour cela, d’étudier le personnage sur le modèle du signe linguistique. Le personnage devient ainsi le signe du récit. C’est l’ensemble de ces signes qui sert à la communication par le jeu subtil de l’écriture qui passe du signifiant au signifié. Dans « Pour un statut sémiologique du personnage », il établit un rapport entre trois types sémiologiques qui correspondent à trois catégories de personnages : référentiel, embrayeur et anaphore. Ce système nous aidera à répertorier d’autres personnages fantastiques dans notre corpus.

  • Les personnages référentiels et leurs fonctions

Les personnages référentiels renvoient à une réalité du monde extérieur sous une forme historique, mythologique, sociale, idéologique ou culturelle, dont la connaissance dépend du degré de participation du lecteur à cette culture. En général, ces personnages permettent l’ancrage référentiel, stabilisent les représentations jusqu’au stéréotype et participent à l’effet de réel. Ils se manifestent comme suit dans les textes étudiés :

                      Les personnages historiques

Les personnages historiques sont nombreux dans les livres de notre corpus. Mais nous tâchons de citer quelques-uns.

Nabuchodonosor : Il est un général babylonien. Il partit en guerre vers l’Orient et prit la capitale assyrienne en 612 avant Jésus-Christ. Il prit aussi Jérusalem en 597 avant Jésus-Christ et déporta tous les habitants à Babylone.

Antiochus Epiphane : Il est un roi impudent et expert en astuces. Il est le prince syrien. Il fut célèbre par les persécutions qu’il dirigea contre les juifs de 175 à 164 avant Jésus-Christ.

Le roi de Midi : ll est dans ce contexte précis, Ptolémée I. C’est le roi qui reçut l’Egypte de 323 à 285 avant Jésus-Christ et ce, après la mort d’Alexandre le grand.

Darius le Mède : C’est le roi qui a pris le pouvoir après la mort du roi Balthasar. Il prit le pouvoir à l’âge de soixante-deux ans.

Zorobabel : C’est un descendant lointain de David. A ce titre il était donc susceptible d’être le messie attendu. Il a organisé le déblaiement des décombres du Temple après sa destruction, pour dégager les fondations du Temple et permettre la reconstruction de celui-ci sur les anciennes bases de l’édifice (pierre principale).

                             Les personnages mythologiques

Ils ne sont pas aussi nombreux que ceux historiques. Nous avons pu identifier certains qui sont :

Noé, Daniel et Job : Ces personnages sont trois justes célèbres dans la tradition du Proche-Orient. Mais, le personnage du nom de Daniel est ici connu par les textes mythologiques phéniciens. Il serait bon de ne pas le confondre à « Daniel », le héros du livre de Daniel. (EZ 18.20.)

Tammouz : C’est la divinité mésopotamienne de la végétation. Elle est appelée aussi Adonis. On célébrait son deuil chaque année au mois de Tammouz (Juin-Juillet). (Ez 8.14.)

L’idole de la jalousie : C’est une image de la statue de la divinité mésopotamienne de la végétation : Tammouz.

                    Les personnages allégoriques

Ce sont des personnages imagés, désignés par des représentations symboliques. Ils sont légion dans les textes de notre corpus. Nous tâchons de citer quelques-uns.

Le grand aigle : C’est une manière de désigner de façon symbolique Nabuchodonosor, le roi de Babylone, vainqueur de Jérusalem en 597 avant Jésus-Christ. (EZ 12. 17-3).

Le Bélier à deux cornes : Ce personnage imagé désigne les rois de Médie et de Perse. (Dn 8.3.)

Le Bouc Velu. A travers ce personnage, c’est le roi de la Grèce qui est désigné de façon imagée. La grande corne qu’il avait entre les yeux symbolise Alexandre le Grand, premier roi de la Grèce. Il mourut en 323 avant Jésus-Christ après avoir conquis le Proche-Orient. (Dn 8.21)

Les quatre bêtes monstrueuses : Ces bêtes représentent certains empires babyloniens : mède, perse et la Grèce. Le lion symbolise l’empire babylonien, l’ours l’empire mède, le léopard l’empire perse, et enfin la quatrième bête l’empire Grèce. Dn 74-7.

Après avoir identifié ces personnages référentiels, nous voulons montrer leurs fonctions.

D’abord, la classification selon le signe référentiel de Philippe Hamon nous permet d’identifier les personnages fantastiques dans les textes de notre corpus. Ensuite, cette même classification nous permet d’apprécier les qualités des auteurs de ces livres en ce qui concerne l’appropriation des données culturelles judéo-chrétiennes dans leur production littéraire. La transposition de ces divinités, de ces personnages historiques, mythologiques et allégoriques qui ont fait des exploits extraordinaires voire mystérieux dans les livres du corpus, remplit une fonction multiple. Dans un premier temps, le choix de ces genres de personnages renvoie à la culture judéo-chrétienne. Le fait de transposer dans leurs écrits les personnages, certes figuratifs, confère une valeur bien définie à leurs œuvres. Le lecteur est interpelé à réconcilier ses connaissances factuelles avec celles du monde fictif des textes du corpus.

Ensuite, la description de ces personnages historiques, mythologiques et allégoriques nous montre qu’ils sont fantastiques de par leurs exploits de guerre. Ces êtres inspirent la peur, car ils ne sont pas comme des hommes ordinaires.

Enfin, l’utilisation de ces personnages a pour but de renforcer la manifestation du fantastique dans une œuvre donnée, et particulièrement dans le cas de ce corpus, le suspense, l’hésitation et la terreur sacrée.

Les auteurs, se servent de ces personnages pour produire une désacralisation dans l’inconscient du lecteur afin de le libérer de ses angoisses, de ses peurs, de ses craintes. Un lecteur d’origine judéo-chrétienne est le plus apte à interpréter et à comprendre ce signe linguistique parce qu’il s’identifie à l’histoire et aux mythes de son origine.

Philippe Hamon, dans son approche sémiotique, introduit un deuxième signe qu’il nomme anaphore. Il est important donc de montrer dans ce qui suit ce que la catégorie des personnages anaphores apporte dans une étude sur les personnages fantastiques.

Les personnages anaphores et leurs fonctions

Ce sont des personnages qui ont pour fonction l’organisation du texte. Ils doivent assurer sa cohésion interne. Ils se définissent par rapport à leur position dans l’énonciation. Ces types de personnage appartiennent à la trame du texte qui les fait fonctionner et qu’ils font fonctionner en retour. Souvent dans les contes, ce sont eux qui jouent le rôle d’informateur. Ils rappellent des données importantes ou préparent la suite du récit. Ils peuvent être : historien, enquêteur, biographe, devin, prophète. Ces types de personnages sont nombreux dans le corpus et nous nous évertuons à citer quelques-uns.

Ezéchiel : C’est le prophète, le héros du livre de « Ezéchiel ». Il reçoit les visions divines et annonce aux peuples de Dieu qui croupissent sous le poids de la misère, du désespoir, la venue d’un lendemain meilleur. Son intervention propulse l’intrigue, met le peuple en garde contre les abominations, ouvre la voie sur les perspectives de la restauration du Temple de Dieu détruit par les ennemis.

Zacharie : Ce personnage est le messager de Dieu. Il est le héros du livre de « Zacharie ». Les visions divines lui sont transmises par Dieu pour le peuple. Il prédit l’avenir, rallume l’espoir au sein du peuple de Dieu angoissé par les catastrophes qui l’accablent.

Daniel : C’est un spécialiste dans l’interprétation des songes. Cette qualité lui a valu une place honorifique auprès de Nabuchodonosor, roi de Babylone. Au-delà de cette aptitude, ce personnage est aussi un prophète. Héros du livre de « Daniel », Beltshassar, nom imposé à Daniel par Nabuchodonosor, reçut aussi des visions divines pour le peuple de Dieu.

Jean : Il est le héros du livre de « l’Apocalypse ». Il reçut des visions divines pour raffermir la foi du peuple de Dieu déçu et angoissé par les persécutions répétées des peuples ennemis de Dieu.

L’Ange Gabriel : C’est un messager de Dieu. C’est lui qui explique le sens des visions divines aux prophètes Ezéchiel, Zacharie, Daniel et Jean. Son intervention propulse l’intrigue et permet à chaque fois aux prophètes de comprendre aisément le message de Dieu afin de mieux le porter aux peuples de Yahvé.

Les Chérubins : Ce sont des êtres fabuleux qui personnifient parfois les nuages d’orage. Ils sont souvent dans les entourages de Dieu. Leur apparition dans un lieu annonce la présence de Dieu, l’être suprême, insondable. EZ 10.1.

Les Mages Chaldéens : lls sont aussi appelés les conjureurs, les magiciens, les incantateurs ayant une solide réputation en matière d’astrologie. Ils sont des divinités ou des sages de la tradition babylonienne. Ils sont des spécialistes capables de deviner l’avenir. Ce sont eux qui aidaient Nabuchodonosor, roi de Babylone, à connaître le sens de ses songes. Dn 2.2. Ils interprétaient les songes au roi avant l’arrivée du jeune captif judéen, Daniel.

L’homme vêtu de lin : C’est aussi un ange envoyé par Dieu pour une mission précise. Sa mission est d’aider à repérer les hommes de Yahvé qui souffrent à cause des abominations commises à leur égard. EZ 9.4. C’est un ange qui, de par sa fonction, permet aux anges destructeurs, les six hommes, d’exécuter aisément des décisions prises par Dieu. EZ 9.5 /Ap 15.6.

Le Vieillard : C’est un personnage mystérieux dont l’apparition est décrite par les auteurs des livres de Daniel et de l’Apocalypse. Il est doté d’une puissance exceptionnelle qui libère les esprits de lumière et enchaîne ceux des ténèbres. Sa parole déclenche les événements, les oriente, les maîtrise et rend stupéfaits tous ceux à qui il apparaît pour la toute première fois. C’est ce dont témoignent les propos de Daniel en ces termes :

Je regardais dans les visions de nuit, et voici qu’avec les nuées du ciel venait comme un Fils d’Homme, il arriva jusqu’au vieillard, et on fit approcher en sa présence. Et il lui fut donné souveraineté, gloire et royauté : les gens de tous peuples, nations et langues le servaient. Sa souveraineté est une souveraineté éternelle qui ne passera pas, et sa royauté, une royauté qui ne sera jamais détruite. Mon esprit à moi, Daniel, fut angoissé au-dedans de son enveloppe, et les visions de mon esprit me tourmentaient.  (Dn 7v13-15).

Le vieillard est ici apparu à Daniel à un moment où l’une des quatre bêtes monstrueuses vues dans sa vision, défiait tout le monde, semait la terreur, la panique partout. La puissance de son intervention a mis fin à la vie de cette bête imbattable et a rendu impuissants ses pairs. La description de cette force mystérieuse du vieillard et la densité de sa souveraineté, sa royauté ont stupéfié Daniel, le héros du livre de « Daniel ». A l’instar de Daniel, Jean, le héros du livre de « l’Apocalypse » a été hébété lorsque le vieillard lui est apparu. C’est ce qu’il décrit dans l’extrait suivant :

Je me retourne pour regarder la voix qui me parfait, et, m’étant retourné, je vis sept chandeliers d’or, et, au milieu des chandeliers, quelqu’un qui semblait un fils d’homme. Il était vêtu d’une longue robe, une ceinture d’or lui serrait la poitrine, sa tête et ses cheveux étaient blancs comme laine blanche, comme neige, et ses yeux étaient comme une flamme ardente (…). A sa vue, je tombai comme mort à ses pieds. (Ap 1.12-17).

L’être assis sur le trône dans le ciel : C’est un personnage très mystérieux et dont le portrait est resté voilé dans les textes du corpus. Ses actions sont décrites et révèlent combien il est énigmatique. EZ 1.26-28. Son règne est éternel et sa puissance, insondable. Tous les êtres de la terre et du ciel le glorifient, l’adorent, lui rendent grâce. Ap 11-11.

Tous les personnages anaphores regroupés ici relèvent du fantastique, car ils ont des pouvoirs surnaturels. Nous nous focalisons sur des personnages capables de deviner l’avenir. Ils sont capables de voir ou de pressentir ce que les êtres ordinaires ont du mal à percevoir. Tout élément qui fait intervenir des événements inexplicables trouve son fondement dans le fantastique.

Par ailleurs, il apparaît que les auteurs, par le moyen de leurs écrits, poursuivent un but très spécifique. Le lecteur vit avec le héros ses moments d’angoisse, d’inquiétude, de frayeur, de suspense, d’hésitation et de terreur sacrée. Le fantastique a pour fonction essentielle la libération des idées, des pensées et de la matière refoulée dans l’inconscient. Sans le savoir, le lecteur au contact des œuvres fantastiques, comme dans le cas des textes de ce corpus, subit un processus de sublimation des passions. Autrement dit, une purification émotionnelle se produit à la lecture d’une œuvre fantastique. En vivant les aventures terrifiantes et malheureuses par procuration, les lecteurs sont censés à la fin de cette purification ressentir du soulagement et une paix profonde qui débouche sur la foi. Ce sentiment de soulagement et de paix profonde révèle la légère trace du merveilleux qui apparaît dans les textes apocalyptiques.

L’application des théories de Todorov et d’Hamon à l’ensemble des personnages fantastiques identifiés nous a permis de montrer leur fonction principale. Aussi importe-t-il de signaler qu’il existe d’autres aspects formels qui concourent également à la fantasticité des récits : il s’agit des procédés stylistiques des auteurs.

CONCLUSION

Au terme de cette étude, nous pensons avoir essayé d’analyser des aspects susceptibles d’aider à mettre en lumière l’esthétique du personnage fantastique dans les textes apocalyptiques du corpus choisi. Notre travail a été subdivisé en deux volets. Dans le premier, nous sommes parti de la clarification des concepts de : personnage fantastique pour mettre en exergue son mode de fonctionnement dans les textes d’Ezéchiel, de Zacharie, de Daniel et de Saint Jean.Dans le dernier volet, nous avons classifié les personnages fantastiques relevés dans les textes du corpus et avons précisé leurs fonctions. Pour cela, nous sommes partis des théories de Tzvetan Todorov et Philippe Hamon pour mettre en lumière certaines particularités spécifiques des ressorts dynamiques relatifs à l’esthétique du personnage fantastique.

En définitive, nous pensons qu’il est admis que les textes sacrés soient reconnus comme étant en général les inspirateurs de la littérature profane. C’est ainsi que les récits des contes sont considérés comme étant des mythes désacralisés. Pour ce qui est de notre corpus, on pourrait relever que ces textes comportent des germes du genre fantastique tels que le suspense, l’hésitation et la terreur sacrée qui relèvent à la fois du fantastique traditionnel et du fantastique moderne. L’apocalypse est aussi un des ressorts de la vision, de l’onirisme qui sont également des aspects fondamentaux de l’esthétique du personnage fantastique.

Les recherches littéraires, nous semble-t-il, devraient s’intéresser aux textes sacrés. Cette orientation à approfondir est déjà entamée par le critique littéraire M. Kakpo (2007, 100 p.) dans son ouvrage Les épouses de fa. Les textes sacrés sont en effet une mine de récits à même de conforter, ne serait-ce que par exemple, l’aspect génésique des genres littéraires.

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

 

          ŒUVRES DU CORPUS

Daniel, 1988, « Livre de Daniel » in Bible (TOB), Paris, Société Biblique française, CERF, pp 1047-1066.

Ezéchiel, 1988, « Livre d’Ezéchiel » in Bible (TOB), Paris, Société Biblique française, CERF, pp 619-677.

Jean, 1988, « L’Apocalypse de Saint Jean » in Bible (TOB), Paris, Société Biblique française, CERF, pp 1741-1764.

Zacharie, 1988, « Livre de Zacharie » in Bible (TOB), Paris, Société Biblique française, CERF.

TRAVAUX SUR LES TEXTES DU CORPUS

ROBERT A. et FEUILLET A., 1957, Introduction à la bible (TOME I), Belgique par DESCLEE & Cie.

ROBERT A. et FEUILLET A., 1957, Introduction à la bible (TOME II), Belgique par DESCLEE & Cie.

 

LE FANTASTIQUE

STEINMETZ, Jean-Luc, 1990, La littérature fantastique, Paris, P U F.

TODOROV, Tzvetan, 1970, Introduction à la littérature fantastique, Paris, Editions du Seuil.

STRUCTURALISME ET SEMIOLOGIE

HAMON, Philippe, 1977, « Pour un statut sémiologique du personnage » in COLLECTIF, Poétique du récit, Paris, Editions du Seuil, pp. 115 – 180.

HAMON, Philippe, 1998, Le personnage du roman, Genève, Librairie Droz.

PROPP, Vladimir, 1965, Morphologie du Conte, Paris, Editions du Seuil.

TOMACHEVSKl, Boris, 1965, « Thématique » in COLLECTIF, Théorie de la littérature, Paris, Editions du Seuil.

ZERAFFA, Michel, 1976, Roman et société, Paris, P U F.

[1] Dictionnaire Universel, Paris, Hachette/Edicef, p. 911.

[2] Dictionnaire Le Nouveau Petit Robert, p. 1644.

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