• Zadi Zaourou

  • Leopold Sedar Senghor

    "Nul n'a le droit d'effacer ma culture,car une communauté sans culture est un peuple sans être humains"

  • Frederic Titinga Pacere

    "Si une termitière vit, c’est qu’elle ajoute de la terre à la terre"

  • Edouard Glissant

    "Le poète achemine la connaissance du monde dans son épaisseur et sa durée, l'envers lumineux de l'histoire qui a l'homme pour seul témoin."

  • Pierre Bourdieu

    "Le sociologue rompt le cercle enchanté en essayant de faire savoir ce que l'univers du savoir ne veut pas savoir, notamment sur lui-même.”

  • Michel Foucault

    "De l'homme à l'homme vrai, le chemin passe par l'homme fou."

Journalisme et littérature : deux modes d’entrance dans le champ littéraire ivoirien. Les cas de Tiburce Koffi et Venance Konan : Raymond GBAZALE

Cette étude vise à délimiter socialement et textuellement les productions littéraires de Tiburce Koffi et de Venance Konan dans le « champ littéraire ivoirien » d’après la théorie de Bourdieu. Elle pose la problématique du rapport entre littérature et médias en général, voire entre littérarité et journalisme en particulier. Ainsi, cet article met premièrement en exergue une analyse sociale des œuvres des deux écrivains à partir des notions de lectorat, d’instance de légitimation, de positionnement, de stratégies d’écriture, et d’autonomie du champ littéraire. La deuxième partie est consacrée au rôle des créations technologiques comme le Web, l’internet, les réseaux sociaux dans les stratégies de positionnement et la visibilité des deux auteurs dans le « champ littéraire ivoirien ». En sommes, cette contribution présente un aspect de l’évolution du roman ivoirien, du statut d’écrivain ivoirien et de la redéfinition des frontières du champ littéraire à l’aune des acteurs dont Tiburce Koffi et Venance Konan.

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La Littérature, la Crise et la Mémoire. Essai sur une écriture Impossible en contexte ivoirien-David K. N’goran, Université Félix Houphouët-Boigny (Abidjan-Côte d’Ivoire)

Cette proposition entend revisiter une des fonctions cardinales de la littérature, et par là même celle relative à la responsabilité de l’écrivain. En effet, il semble que dans un champ littéraire en situation de crise sociale aigüe (génocide, guerre civile, occupation), une des conséquences les plus déterminantes sur la société ne réside pas dans la seule intégrité des acteurs sociaux, ni même uniquement dans la survie de la société, mais aussi et surtout dans le dépérissement du principe de l’ « autonomie » des  champs sociaux dont le champ littéraire (Gisèle Sapiro, 1999). De la sorte, en convoquant cet acquis de la théorie du champ, il s’agira pour nous de situer sur le même axe paradigmatique « littérature », « crise » et « fonction mémorielle », dont les composantes ainsi combinées sont supposées permettre à la société des hommes d’actualiser son devoir de « juste mémoire » (Ricœur, 2000). Plus précisément, l’objet de ce propos sera d’interroger les frontières du littéraire et du politique, de l’esthétique et de l’engagement partisan, de l’écriture et du militantisme, du cœur de l’écrivain et du corps du roi, afin de mesurer en contexte de crise ivoirienne (2002-2015), jusqu’où  les gens de lettres ont pu expérimenter la violence environnante, soit sous la forme de contrainte extérieure, soit sous la forme d’un constituant de littérarité. Peut-être, cette littérature ivoirienne en temps de crise, à force de fonctionner sous le seul registre de la raison politique, a-t-elle fini par configurer la situation d’une littérature en crise.

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Le Fragment comme lieu de Mémoire dans la nouvelle « Les Propos Abracadabrants d’un colonise » d’Alain Mabanckou-Yelly Kady KIGNAMAN-SORO OUATTARA, Université Félix Houphouët Boigny

Dans un discours insolite, le personnage-narrateur se déclinant lui-même comme un « nègre colonisé » expose sa vision de la colonisation. Ce faisant, il convoque régulièrement des « éclats », des « fragments » allant des clichés et stéréotypes à l’évocation des textes fondateurs de la critique coloniale. Ces nombreux clins d’œil à travers des noms propres, des signifiants charrient le passé colonial et ses principaux protagonistes et donnent à la nouvelle de Mabanckou, l’aspect d’un lieu de mémoire. Comme dans un délire, le narrateur personnage égrène les aspects positifs de la colonisation. Dans une approche comparatiste, nous analyserons dans cet article ces fragments à travers leur émergence, leur manifestation et leur portée. Autrement dit, l’analyse des traces de la colonisation dans ce texte va permettre d’interroger la manière dont un écrivain se sert d’un "déjà là" historique, culturel et livresque pour lui imprimer une orientation esthétique et idéologique.

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Figures tombales d’orient-Jean-Marie KOUAKOU, Professeur titulaire, Université Félix Houphouët-Boigny

Connaissance de l’Est est un recueil de poèmes – en prose – que Claudel a écrit puis publié dans une perspective orientaliste d’herméneutique et de découverte, pour l’Occidental qu’il est, de la culture orientale et chinoise, en particulier dans les coutumes et traditions les plus anciennement ancrées de ces endroits du monde. Du reste, au sujet des poèmes qui composent ce recueil, Stanislas Fumet, auteur de l’introduction à l’Œuvre poétique de Paul Claudel, où ces poèmes figurent donc, dit fort à propos, qu’ils sont « suggérés par le spectacle de la vie et des formes de l’Orient. »[1] La mort y est pourtant présente ; elle y apparaît même plusieurs fois  et plutôt sous la forme et la dénomination explicite du mot tombe en propre, ce monument funéraire dénoté sans détours, à chacune de ses énonciations, dans ce recueil qui en livre une partielle anthropologie et une figure. Ainsi, par une première formulation, la tombe y porte-t-elle le titre d’un poème : “Tombes-rumeurs.”[2] Par une deuxième, elle intitule un autre “La tombe.”[3] Tous ces deux textes décrivent un espace de sépulture antique d’Orient qui ancre le sens des contenus, leurs significations cachés derrières des symboles.

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Le Personnage Tchao et Le Mythe littéraire De La Caverne-KONANDRI Affoué Virginie, Professeur Titulaire, Université Félix Houphouët Boigny

Le personnage de Tchao dans son évolution rencontre le parcours philosophique du prisonnier de Platon dans sa République à travers son enseignement imagée plus connu sous l’appellation l’allégorie de la caverne. La philosophie fait ainsi irruption dans la littérature si tant est que le philosophique et le littéraire arpentent des voies et des discours spécifiques en matière de véhicule du savoir. Le champ des images réunit ces deux disciplines dans leur aporie sapientale pour faire féconder le mythe dans le littéraire. Nervure centrale des disciplines rapprochées, le mythe fait entrer le Personnage Tchao de Kourouma dans la caverne de Platon. La littérature parle alors le discours de la philosophie dans le jeu des embranchements chers à la perspective comparatiste. La quête du savoir répondant à la quête initiatique est un vaste boulevard que retrace la littérature depuis les écrits sacrés jusqu’à la littérature populaire. La tradition littéraire se fonde donc sur le primat de la recherche du sens et des significations dans l’encodage des fictions si ce n’est dans le but affiché des essais. C’est donc à juste titre que des mythes comme celui d’Hermès[1], de Prométhée[2] sont la quintessence de la métaphorisation de l’éclairage sapiental qu’apporte la littérature à l’obscurantisme opaque qui saisit l’humain et sa société. En nous appuyant sur les trois stades de lecture mythocritique de Pierre Brunel, nous montrerons d’abord l’émergence c’est-à-dire le moment où le mythe affleure dans le texte ; c’est la pointe de reconnaissance du mythe. Ensuite nous démontrerons la flexibilité qui renvoie à l’adaptation et à l’adaptabilité du mythe c’est-à-dire le fait d’adapter un mythe et sa capacité à être adapté. Enfin nous poursuivrons et conclurons par l’irradiation qui implique la signification que le mythe de la caverne impulse au   parcours de Tchao dans En attendant le vote des bêtes sauvages.

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Codex : littérature et traversée du temps : DIANDUE BI Kacou Parfait

Le postulat général de cette contribution est que la littérature est le lieu de réinvention du monde où son espace de réification et même son moment de cryptage. Son postulat restreint affirme que les nervures du temps et de l’espace qui président à la destinée humaine parcourent la littérature qui recèle par la même occasion les codes et les mystères de l’existence. Relevant de l’imaginaire et de la pratique de la vie, la littérature s’arroge le décodage et la figuration par la fiction de la projection, de l’origine et du déroulement de la vie et des modes de vie des sociétés humaine, animal, végétal et minéral. Nombre de théories affleurent et se propagent quant à l’angoisse de l’humain face à son être, à son devenir et sa finitude. Des hypothèses pour rassurer la curiosité de la rationalité active, il apparait que la littérature est un codex. Elle est un langage crypté à la fois par la simplicité de son énonciation mais aussi par l’abscons de son symbolisme. Nous sommes donc en plein territoire de la cryptographie tant l’évidence parfois, et paradoxalement, ferme les yeux aux sens. La littérature cerne le tout existant en métaphorisant le réel sensoriel dans l’étendue de la représentation.

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Le colonial malgre lui dans le terroriste noir de tierno monenembo : Adama COULIBALY

La question centrale de cette contribution est de savoir si le roman africain peut échapper à la « scène originaire » du trauma colonial. Elle y répond à partir de Le Terroriste noir de Tierno Monénembo. Paru en 2012, dit par une septuagénaire d’un village perdu de France, ce récit raconte les trois ans qu’un tirailleur sénégalais, engagé volontaire, passa à Romaincourt, sous l’occupation allemande. L’hypothèse est que malgré le décentrement apparent de ce roman du territoire colonial africain, il ne parvient pas à tourner le dos au fait colonial. Il y revient « malgré lui ». Avec une grille de lecture postcoloniale, ce roman, tiré de la vie d’un personnage historique, participe d’un cheminement de l’interculturel à la transculturalité. A partir d’un survol du fait colonial dans quelques œuvres de Monénembo, elle analyse la distance narrative comme une rhétorique du paradoxe installant ce récit dans le débat postcolonial.

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La litterature française n’existe pas. penser la categorie de litterature nationale aujourd’hui : Abdoulaye Imorou

L’édition africaine entre aujourd’hui dans un moment charnière avec un certain nombre de nouveaux acteurs et des publications de plus en plus nombreuses. Cet article invite à actualiser la catégorie de littérature nationale afin de mieux appréhender ce phénomène et ses conséquences du point de vue de la concurrence que se livrent les différents champs littéraires sur la scène mondiale. À cet effet, il oppose deux définitions de la littérature nationale. La première repose sur la conception romantique de la nation et de la littérature. Elle part du principe que la nation est un être organique animé par une essence et un esprit spécifiques et que la littérature est portée par l’âme nationale et chargée d’en transmettre les valeurs. La seconde se veut sociologique et met en avant la manière dont l’acte de littérature intervient dans un espace social particulier régi par ses propres règles et logiques et qui s’appuie sur un certain nombre d’institutions parmi lesquelles on compte les maisons d’édition.

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De la littérature populaire en cȏte d’ivoire : quelques notes introductives : Marcelle .D. GNEPOA

Cette contribution, s’inscrivant dans la sociologie de la littérature, porte sur la littérature populaire en côte d’ivoire. Il s’agit de l’analyse d’un corpus de textes qui fait l’objet de réticences de la part de la critique érudite mais qui ne cesse de prendre de l’ampleur au vu de sa réception par le public. Plus précisément, dans le champ littéraire ivoirien, les œuvres dont le statut est mis à mal par l’institution littéraire ont un succès impressionnant. Ce succès permet de redéfinir la frontière entre « Littérature savante» et « Littérature populaire ». L’objectif est donc de montrer l’évolution de la littérature populaire dans l’espace littéraire ivoirien et de déterminer comment la réception du public force la ligne de démarcation entre « littérature savante » et « littérature populaire ».

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Les classes passerelles: une offre alternative d’education pertinente en cote d’ivoire : KONE Moussa

Les classes passerelles initiées par les ONG Conseil Norvégien pour les Réfugiés (NRC) et Ecole Pour Tous (EPT) avec leurs partenaires en 2006-2007 sont une stratégie de scolarisation accélérée pour les enfants de 9 à 13 ans non scolarisés. Elles s’inscrivent dans le cadre des offres alternatives d’éducation en Côte d’Ivoire. L’étude décrit deux types de classes passerelles qui sont les modèles EPT et NRC. Elle les présente comme une seconde chance de scolarisation pour les enfants restés en marge du système scolaire conventionnel. Elle montre également la pertinence des facteurs organisationnels et pédagogiques dudit dispositif pour la scolarisation primaire universelle (SPU) dans un contexte de déficit d’offre éducative en Côte d’Ivoire.

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