• Zadi Zaourou

  • Leopold Sedar Senghor

    "Nul n'a le droit d'effacer ma culture,car une communauté sans culture est un peuple sans être humains"

  • Frederic Titinga Pacere

    "Si une termitière vit, c’est qu’elle ajoute de la terre à la terre"

  • Edouard Glissant

    "Le poète achemine la connaissance du monde dans son épaisseur et sa durée, l'envers lumineux de l'histoire qui a l'homme pour seul témoin."

  • Pierre Bourdieu

    "Le sociologue rompt le cercle enchanté en essayant de faire savoir ce que l'univers du savoir ne veut pas savoir, notamment sur lui-même.”

  • Michel Foucault

    "De l'homme à l'homme vrai, le chemin passe par l'homme fou."

La colonisation et les indépendances africaines : deux mythes de la chute de l’homme : Yao Jean Marie Konan

Au regard des traitements iniques infligés par des humains à leurs semblables, au regard des droits de l’homme violés et des libertés individuelles piétinées, l’essence humaine dans son intégrité se désagrège progressivement et parallèlement émerge le trope de la bête. L’objectif a été d’interroger la colonisation et les indépendances africaines par le roman postcolonial, de les poser comme cause de la mort de l’humanité et de l’émergence de la bestialité. La duplicité du projet colonial et l’abjection des dictatures africaines à travers des discours dégradants, des systèmes politiques déshumanisants, des valeurs morales phagocytées, des sujets métamorphosés (…) ont fragilisé les frontières normatives entre l’humanité et l’animalité, et donc réussi à faire basculer l’espèce humaine dans le registre bestial.

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Le nageur est « nu » : mabanckou dans un flot autofictionnel : Christophe Kouame

Du point de vue théorique et générique,la lecture du paratextedel’ouvrage Black bazar de l’écrivain franco-congolais AlainMabanckou laisse transparaitre une sorte de duperie, de tromperiequiachèverait de mettre le lecteur dans une imposture. Portant la mention générique roman (deuxième de couverture), le contenu narratif se laisse traverser, transgresser, "violer", en partie par des brides historiques appartenant au vécu antérieur de l’auteur. Ainsi, ces "intermèdes factuels" et circonstanciels informeraient une sorte de fluctuation, d’infléchissement du genreromanesquepur, censé dire le faux, le mensonge à l’antipode du « pacte autobiographique » oudu contrat du dire vrai , vers « l’autofiction » ; forme scripturaire à travers lequel l’auteur ‘’s’invente’’ en inventant. Comment ce mouvement s’opère-t-il ? Comment Mabanckou fait-il cohabiter le réel et la fiction dans son œuvre ? Mieux, comment Mabanckou invente et se dévoile-t-il à travers son texte? Quel(s) enjeu(x) cet acte charrie-t-il ? Ces préoccupations, aussi importantes soient-elles, ouvrent le débat sur les écritures de soi, puis posent en amont le problème épistémologique de l’autonomie du sujet-écrivain africain (contemporain), ainsi que celle de son espace de création.

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L’image des pygmees dans le silence de la foret d’etienne goyemide : entre representations hierarchisees et interculturalite : Richmond Alain Konan

Les représentations de l’Etranger sont idéologiquement motivées. Elles mettent en jeu un rapport de force, vivifié par le complexe de supériorité. Allant de ce fait, les relations hiérarchisées se nourrissent de stéréotypes, de préjugés, de clichés ou d’idées préconstruites, généralement admis et partagés dans la culture regardante. Le silence de la forêt d’Etienne Goyémidé offre une approche originale de l’image de L’Autre. En effet, le texte fait le tour des images stéréotypiques attribuées aux pygmées (Babingas), considérés selon les niveaux d’ignorance, tantôt comme des animaux sauvages ou des individus « semi-légendaires », et souventes fois, comme des primitifs ou des sous-hommes. A l’épreuve de l’altérité, l’image stéréotypée du pygmée subit une dilution progressive. Elle fait place à la philie et à l’interculturalité. Cet article, dont l’outillage méthodologique est assuré par l’imagologie se propose d’étudier le mécanisme de déconstruction des hiérarchisations à l’œuvre dans le texte. A cet effet, les travaux de Daniel-Henri Pageaux sur l’imagologie, inspirés de l’analyse structurale de Claude Lévi-Strauss, conduiront cette étude.

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Certificat de controle anti-sida, une monodie africaine singuliere : Baha Anicette Carolle Ahouakan

Né du croisement d’un genre littéraire (le roman) et d’une pratique sociale (la lettre), le roman épistolaire s’est longtemps construit sur la base d’un ensemble de normes. Sa pratique dans la littérature africaine francophone subsaharienne et particulièrement chez l’écrivain malien Doumbi-Facoly tend à se singulariser. C’est cette spécificité de l’écriture épistolaire que l’article tente de cerner à partir de son roman Certificat de contrôle anti-sida. L’analyse révèle que le roman par lettres chez Doumbi-Facoly qui opte pour une forme monodique à double voix, s’éloigne de l’imposture épistolaire.

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Construction identitaire et représentation de soi sur les réseaux sociaux en ligne chez les jeunes allemands à l’épreuve de la poésie : Patrice Adico

La situation des jeunes dans les réseaux sociaux est problématique; ils semblent subir diverses influences dues à leur exposition aux réseaux sociaux à une période de la vie ou l’identité est en crise ou en construction. Ce travail, qui s’appuie sur des données sociologiques et empiriques, vise à mettre en évidence, à partir de textes poétiques, le rôle et l’importance des réseaux sociaux dans la construction identitaire des jeunes en particulier des jeunes Allemands. Ainsi notre propos se penche d’abord sur la construction identitaire chez les jeunes de façon générale, s’intéresse ensuite à la mise en scène de soi des jeunes Allemands dans les réseaux sociaux en ligne et relève enfin l’impact de l’identité virtuelle sur l’identité manifeste.

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Journalisme et littérature : deux modes d’entrance dans le champ littéraire ivoirien. Les cas de Tiburce Koffi et Venance Konan : Raymond GBAZALE

Cette étude vise à délimiter socialement et textuellement les productions littéraires de Tiburce Koffi et de Venance Konan dans le « champ littéraire ivoirien » d’après la théorie de Bourdieu. Elle pose la problématique du rapport entre littérature et médias en général, voire entre littérarité et journalisme en particulier. Ainsi, cet article met premièrement en exergue une analyse sociale des œuvres des deux écrivains à partir des notions de lectorat, d’instance de légitimation, de positionnement, de stratégies d’écriture, et d’autonomie du champ littéraire. La deuxième partie est consacrée au rôle des créations technologiques comme le Web, l’internet, les réseaux sociaux dans les stratégies de positionnement et la visibilité des deux auteurs dans le « champ littéraire ivoirien ». En sommes, cette contribution présente un aspect de l’évolution du roman ivoirien, du statut d’écrivain ivoirien et de la redéfinition des frontières du champ littéraire à l’aune des acteurs dont Tiburce Koffi et Venance Konan.

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La Littérature, la Crise et la Mémoire. Essai sur une écriture Impossible en contexte ivoirien-David K. N’goran, Université Félix Houphouët-Boigny (Abidjan-Côte d’Ivoire)

Cette proposition entend revisiter une des fonctions cardinales de la littérature, et par là même celle relative à la responsabilité de l’écrivain. En effet, il semble que dans un champ littéraire en situation de crise sociale aigüe (génocide, guerre civile, occupation), une des conséquences les plus déterminantes sur la société ne réside pas dans la seule intégrité des acteurs sociaux, ni même uniquement dans la survie de la société, mais aussi et surtout dans le dépérissement du principe de l’ « autonomie » des  champs sociaux dont le champ littéraire (Gisèle Sapiro, 1999). De la sorte, en convoquant cet acquis de la théorie du champ, il s’agira pour nous de situer sur le même axe paradigmatique « littérature », « crise » et « fonction mémorielle », dont les composantes ainsi combinées sont supposées permettre à la société des hommes d’actualiser son devoir de « juste mémoire » (Ricœur, 2000). Plus précisément, l’objet de ce propos sera d’interroger les frontières du littéraire et du politique, de l’esthétique et de l’engagement partisan, de l’écriture et du militantisme, du cœur de l’écrivain et du corps du roi, afin de mesurer en contexte de crise ivoirienne (2002-2015), jusqu’où  les gens de lettres ont pu expérimenter la violence environnante, soit sous la forme de contrainte extérieure, soit sous la forme d’un constituant de littérarité. Peut-être, cette littérature ivoirienne en temps de crise, à force de fonctionner sous le seul registre de la raison politique, a-t-elle fini par configurer la situation d’une littérature en crise.

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Le Fragment comme lieu de Mémoire dans la nouvelle « Les Propos Abracadabrants d’un colonise » d’Alain Mabanckou-Yelly Kady KIGNAMAN-SORO OUATTARA, Université Félix Houphouët Boigny

Dans un discours insolite, le personnage-narrateur se déclinant lui-même comme un « nègre colonisé » expose sa vision de la colonisation. Ce faisant, il convoque régulièrement des « éclats », des « fragments » allant des clichés et stéréotypes à l’évocation des textes fondateurs de la critique coloniale. Ces nombreux clins d’œil à travers des noms propres, des signifiants charrient le passé colonial et ses principaux protagonistes et donnent à la nouvelle de Mabanckou, l’aspect d’un lieu de mémoire. Comme dans un délire, le narrateur personnage égrène les aspects positifs de la colonisation. Dans une approche comparatiste, nous analyserons dans cet article ces fragments à travers leur émergence, leur manifestation et leur portée. Autrement dit, l’analyse des traces de la colonisation dans ce texte va permettre d’interroger la manière dont un écrivain se sert d’un "déjà là" historique, culturel et livresque pour lui imprimer une orientation esthétique et idéologique.

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Figures tombales d’orient-Jean-Marie KOUAKOU, Professeur titulaire, Université Félix Houphouët-Boigny

Connaissance de l’Est est un recueil de poèmes – en prose – que Claudel a écrit puis publié dans une perspective orientaliste d’herméneutique et de découverte, pour l’Occidental qu’il est, de la culture orientale et chinoise, en particulier dans les coutumes et traditions les plus anciennement ancrées de ces endroits du monde. Du reste, au sujet des poèmes qui composent ce recueil, Stanislas Fumet, auteur de l’introduction à l’Œuvre poétique de Paul Claudel, où ces poèmes figurent donc, dit fort à propos, qu’ils sont « suggérés par le spectacle de la vie et des formes de l’Orient. »[1] La mort y est pourtant présente ; elle y apparaît même plusieurs fois  et plutôt sous la forme et la dénomination explicite du mot tombe en propre, ce monument funéraire dénoté sans détours, à chacune de ses énonciations, dans ce recueil qui en livre une partielle anthropologie et une figure. Ainsi, par une première formulation, la tombe y porte-t-elle le titre d’un poème : “Tombes-rumeurs.”[2] Par une deuxième, elle intitule un autre “La tombe.”[3] Tous ces deux textes décrivent un espace de sépulture antique d’Orient qui ancre le sens des contenus, leurs significations cachés derrières des symboles.

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Le Personnage Tchao et Le Mythe littéraire De La Caverne-KONANDRI Affoué Virginie, Professeur Titulaire, Université Félix Houphouët Boigny

Le personnage de Tchao dans son évolution rencontre le parcours philosophique du prisonnier de Platon dans sa République à travers son enseignement imagée plus connu sous l’appellation l’allégorie de la caverne. La philosophie fait ainsi irruption dans la littérature si tant est que le philosophique et le littéraire arpentent des voies et des discours spécifiques en matière de véhicule du savoir. Le champ des images réunit ces deux disciplines dans leur aporie sapientale pour faire féconder le mythe dans le littéraire. Nervure centrale des disciplines rapprochées, le mythe fait entrer le Personnage Tchao de Kourouma dans la caverne de Platon. La littérature parle alors le discours de la philosophie dans le jeu des embranchements chers à la perspective comparatiste. La quête du savoir répondant à la quête initiatique est un vaste boulevard que retrace la littérature depuis les écrits sacrés jusqu’à la littérature populaire. La tradition littéraire se fonde donc sur le primat de la recherche du sens et des significations dans l’encodage des fictions si ce n’est dans le but affiché des essais. C’est donc à juste titre que des mythes comme celui d’Hermès[1], de Prométhée[2] sont la quintessence de la métaphorisation de l’éclairage sapiental qu’apporte la littérature à l’obscurantisme opaque qui saisit l’humain et sa société. En nous appuyant sur les trois stades de lecture mythocritique de Pierre Brunel, nous montrerons d’abord l’émergence c’est-à-dire le moment où le mythe affleure dans le texte ; c’est la pointe de reconnaissance du mythe. Ensuite nous démontrerons la flexibilité qui renvoie à l’adaptation et à l’adaptabilité du mythe c’est-à-dire le fait d’adapter un mythe et sa capacité à être adapté. Enfin nous poursuivrons et conclurons par l’irradiation qui implique la signification que le mythe de la caverne impulse au   parcours de Tchao dans En attendant le vote des bêtes sauvages.

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