Publications

L’esthétique du corps souffrant dans les productions romanesques d’ahmadou kourouma et heinrich böll : Yao O. J. BINI

Le corps souffrant est l’image ou l’état d’un corps accablé, affligé, sujet à la maladie, à la misère ou à la torture. Mais il convient de distinguer la souffrance passive ou naturelle du corps (la maladie, la misère, la vieillesse, etc.) de la souffrance infligée ou imposée (amputation, mutilation, assassinat, etc.), non pas par la nature, mais par un humain à son semblable. Les tragédies et calamités vécues dans le monde ont tellement laissé de traces et de séquelles sur le corps humain que la littérature ne pouvait pas se constituer en grande muette. Cet article se propose de réfléchir sur la représentation de la laideur ou de la souffrance physique pour mettre à nu les différentes agressions et transgressions que subit le corps humain dans la société et ce, au moyen des œuvres d’Ahmadou Kourouma et Heinrich Böll.

Lire la suite

Etude du vécu psychosocial du cancer de la prostate chez des patients des centres hospitaliers universitaires en cote d’ivoire : KANGA, ZOMBRE, DJE Bi

La présente étude vise à analyser le vécu psychosocial des patients atteints du cancer de la prostate. Elle a porté sur 28 patients sélectionnés dans les Centres Hospitaliers Universitaires (CHU) de Cocody et de Treichville (Côte d’Ivoire). Ils ont un âge compris entre 44 et 77 ans. Les répercussions psychologiques et sociales de cette affection ont étés identifiées à l’aide d’un guide d’entretien semi-directif et de deux grilles de lecture de l’anxiété et de la dépression. Les résultats indiquent que les patients vivent des périodes d’anxiété, de dépression et de dégradation de leur environnement socio-affectif (stigmatisation, discrimination, et préoccupations liées à la sexualité et à la reproduction). La discussion de ces résultats a été faite au regard des travaux qui ont porté leur intérêt aux dimensions psychologiques des affections chroniques, notamment les travaux de Baghdadli & Gely-Nargeot (2012), de Lareyre, De Chalvron & Cousson-Gelie (2012) et de Mimché, Yebga & Abega (2007).

Lire la suite

L’écriture romanesque et la prise en charge de l’histoire : cas de mont plaisant de patrice nganang : Kouamé Bertrand Éric OKA

Mont Plaisant de Patrice Nganang est un roman dans lequel l’auteur a su tirer parti à la fois des ressources de la tradition orale africaine et de l’ère du temps, c’est-à-dire des nouvelles formes d’écriture moderne (l’intrusion de l’histoire dans le genre romanesque africain). La présente contribution s’attache à mettre en évidence le tissage nouveau qui se créé lors de la traversée de ce roman. Ce tissage nouveau, visible par l’assemblage du roman et de l’histoire, donne au récit une aperture textuelle protéiforme. A travers ce jeu de tiraillement entre le récit factuel (l’histoire) et le récit fictionnel (la littérature), l’histoire réelle est, somme toute, déformée et idéalisée. La recherche de cette voie nouvelle, moderne et originale, mais multidimensionnelle, fait de son récit, une écriture de la rupture, de la transgression et de la subversion.

Lire la suite

Anaphore et cataphore dans des emplois combinatoires pour une structuration et une progression textuelles : cas du pronom « nous » dans le sang de la république de Maurice Bandaman : Konan Koffi

Cet article permet de revisiter l’implication sémantique des relations cataphorique et anaphorique dans la nouvelle satirique de Maurice Bandaman (1991) : Le sang de la République. En théorie, l’anaphore et la cataphore sont des figures de styles identifiées comme des procédés de reprise d’un terme de l’énoncé par un autre terme. L’anaphore et la cataphore apparaissent, chez Maurice Bandaman, comme des modes d’expression, qui permettent de structurer les thématiques abordées. Elles participent de la cohésion de son texte, par leurs capacités à impulser une dynamique qui assure la continuité de celui-ci. Ainsi, elles offrent à l’auteur le moyen de mettre en relief les affres d’une société balafrée par la misère humaine.

Lire la suite

Logiques sociales des acteurs dans la gestion fonciere en zone periurbaine a bouake : KONE, SOGODOGO, KONAN

Le foncier est une problématique centrale qui pose les questions de développement et les logiques sociales qui s’inscrivent pour son appropriation. À partir d’une enquête ethnologique de terrain qui nécessite particulièrement la description et l’interprétation des comportements des groupes d’acteurs ou du social étudié (J. W. Creswell 1998). Cet article se propose étudier les logiques des acteurs dans la gestion foncière à Tchèlèkro et leur incidence dans la gouvernance traditionnelle. Il transparaît que les règles traditionnelles et les lois modernes de gestion foncière constituent des voies privilégiées pour la gestion du foncier à Tchèlèkro. Ces deux modes de gestion foncière mobilisent différents acteurs sociaux qui selon leurs positions sociales et leurs intérêts, s’imposent et contrôlent la ressource foncière par la légitimation et la contestation.

Lire la suite

Les ethnotextes gaeliques et wolofs de la senegambie : essai d’interpretation hermeneutique de proverbes, enigmes et maximes : Alioune Badara KANDJI

Cet article montre les superpositions dans les modes opératoires, les structures et les images que véhiculent les proverbes, énigmes et devinettes wolof et gallois. Il met notamment en parallèle des énigmes et établit la parenté aussi bien entre la forme, la structure et les images que recèlent les pratiques discursives des univers de ces civilisations de l’oralité. Il ressort de l’étude que ces civilisations de l’oralité partagent le même système d’encodage et de décodage. Les deux civilisations ont également un imaginaire commun ayant trait à la vie et à la mort et convergent dans leur capacité d’archivage des images, de leur dramatisation et de leur interprétation.

Lire la suite

La violence verbale : diversité lexico-semantique d’une notion et variété phénoménologique d’un acte de langage : Yecoun Salomé Keyrène DJÈ

La violence verbale n’est pas un fait inconnu des hommes en société. Au contraire, ils la vivent au quotidien au cours de leurs multiples interactions, si bien qu’elle ne peut échapper à la réflexion des chercheurs dans divers champs disciplinaires. Ainsi, la violence verbale a-t-elle fait l’objet d’un colloque dont les actes ont été publiés dans un ouvrage.1Exploitant quelques- uns de ces travaux en partie et ceux de quelques auteurs exploités individuellement, nous proposons dans la présente contribution un compte rendu partiel de lecture critique. A partir de ces travaux, notre article met en relief la diversité phénoménologique de la violence verbale d’une part, et la polysémie de la notion selon justement les modalités spécifiques du phénomène et leurs effets d’autre part.

Lire la suite

Du personnage au narrateur : les jeux langagiers de la rue 171 : Aimé THIEMELE

Dans notre entendement, la rue est un lieu où circulent des personnes et des automobiles. Mais la lecture du roman, « La rue 171 », a attiré notre attention sur un phénomène extraordinaire et inhabituel : une métamorphose, s’il faut le dire ainsi. En effet, nous avons noté que, représentant habituellement un espace dans les écrits, dans le roman de Pierre Kouassi Kangannou, L’auteur fait une mise en scène dans laquelle la rue est à la fois espace, personnage principal et narrateur. Cette nouvelle façon de procéder intrigue le lecteur tant par les propos du narrateur que par ceux du personnage. En effet, il nous présente un personnage-narrateur qui voit tout, entend tout, dit tout. Ce sont ces jeux langagiers aussi bien du personnage que du narrateur que nous voulons analyser pour comprendre le message véhiculé par ce texte romanesque.

Lire la suite

Les dimensions linguistiques d’ « une frontière surveillée » : l’érotisme : Amidou SANOGO

Du simple concept de l’amour à la sexualité en passant par les notions du désir sexuel et de la suggestion de la sexualité, l’érotisme ne cesse d’évoluer vers la transgression morale. La présente étude se penche sur les manifestations linguistiques de l’érotisme dans les écrits francophones. Elle examine les frontières surveillées par la censure publique, entre la volonté de rendre le sujet excitant et l’intention de décrire crûment l’acte et les attributs sexuels. Dans cette oscillation entre les deux pôles d’une même réalité, l’érotisme est esthétiquement un voilement de l’espace entre le lecteur et la scène. Ceci pose la problématique de la spécificité de l’érotisme auquel on mêle d’autres genres comme le libidineux, le grivois, et même la pornographie qui dévoilent tout ou partie de la scène. Ainsi, entre masquage et dévoilement, l’érotisme n’est-il pas une question de représentation par l’auteur et de perception par le lecteur ? Le présent travail se consacrera à l’analyse des indices linguistiques et des stratégies discursives mis œuvre dans l’écriture.

Lire la suite

De l’heterogeneite comme pratique du baroque dans l’écriture romanesque de Rachid Boudjedra : une lecture transversale : Edmond N’GUETTA Kesse

Emprunté au vocabulaire de la joaillerie pour désigner une perle irrégulière, le baroque devient un mouvement artistique italien, privilégiant l’irrégularité, l’éclatement, le mouvement, les contrastes, notamment dans la peinture et l’architecture, et plus tard dans la littérature. L’esthétique hétérogène, par son éclectisme, privilégiant toute sorte de praxis sociales dans un désordre ordonné, se situe dans le cadre d’une revisitation du baroque littéraire. L’écriture de Boudjedra, par son recours à profusion à l’intertextualité, au mélange de genres littéraires et non littéraires, à l’éclatement des voix narratives et à la technique de la circularité, se situe dans le baroque littéraire. Cette pratique de l’hétérogène fait de l’écriture de Boudjedra, une écriture du renouvellement.

Lire la suite