Numero 4 – Juillet 2018

Numero 4 – Juillet 2018

Les ethnotextes gaeliques et wolofs de la senegambie : essai d’interpretation hermeneutique de proverbes, enigmes et maximes : Alioune Badara KANDJI

Cet article montre les superpositions dans les modes opératoires, les structures et les images que véhiculent les proverbes, énigmes et devinettes wolof et gallois. Il met notamment en parallèle des énigmes et établit la parenté aussi bien entre la forme, la structure et les images que recèlent les pratiques discursives des univers de ces civilisations de l’oralité. Il ressort de l’étude que ces civilisations de l’oralité partagent le même système d’encodage et de décodage. Les deux civilisations ont également un imaginaire commun ayant trait à la vie et à la mort et convergent dans leur capacité d’archivage des images, de leur dramatisation et de leur interprétation.

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La violence verbale : diversité lexico-semantique d’une notion et variété phénoménologique d’un acte de langage : Yecoun Salomé Keyrène DJÈ

La violence verbale n’est pas un fait inconnu des hommes en société. Au contraire, ils la vivent au quotidien au cours de leurs multiples interactions, si bien qu’elle ne peut échapper à la réflexion des chercheurs dans divers champs disciplinaires. Ainsi, la violence verbale a-t-elle fait l’objet d’un colloque dont les actes ont été publiés dans un ouvrage.1Exploitant quelques- uns de ces travaux en partie et ceux de quelques auteurs exploités individuellement, nous proposons dans la présente contribution un compte rendu partiel de lecture critique. A partir de ces travaux, notre article met en relief la diversité phénoménologique de la violence verbale d’une part, et la polysémie de la notion selon justement les modalités spécifiques du phénomène et leurs effets d’autre part.

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Du personnage au narrateur : les jeux langagiers de la rue 171 : Aimé THIEMELE

Dans notre entendement, la rue est un lieu où circulent des personnes et des automobiles. Mais la lecture du roman, « La rue 171 », a attiré notre attention sur un phénomène extraordinaire et inhabituel : une métamorphose, s’il faut le dire ainsi. En effet, nous avons noté que, représentant habituellement un espace dans les écrits, dans le roman de Pierre Kouassi Kangannou, L’auteur fait une mise en scène dans laquelle la rue est à la fois espace, personnage principal et narrateur. Cette nouvelle façon de procéder intrigue le lecteur tant par les propos du narrateur que par ceux du personnage. En effet, il nous présente un personnage-narrateur qui voit tout, entend tout, dit tout. Ce sont ces jeux langagiers aussi bien du personnage que du narrateur que nous voulons analyser pour comprendre le message véhiculé par ce texte romanesque.

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Les dimensions linguistiques d’ « une frontière surveillée » : l’érotisme : Amidou SANOGO

Du simple concept de l’amour à la sexualité en passant par les notions du désir sexuel et de la suggestion de la sexualité, l’érotisme ne cesse d’évoluer vers la transgression morale. La présente étude se penche sur les manifestations linguistiques de l’érotisme dans les écrits francophones. Elle examine les frontières surveillées par la censure publique, entre la volonté de rendre le sujet excitant et l’intention de décrire crûment l’acte et les attributs sexuels. Dans cette oscillation entre les deux pôles d’une même réalité, l’érotisme est esthétiquement un voilement de l’espace entre le lecteur et la scène. Ceci pose la problématique de la spécificité de l’érotisme auquel on mêle d’autres genres comme le libidineux, le grivois, et même la pornographie qui dévoilent tout ou partie de la scène. Ainsi, entre masquage et dévoilement, l’érotisme n’est-il pas une question de représentation par l’auteur et de perception par le lecteur ? Le présent travail se consacrera à l’analyse des indices linguistiques et des stratégies discursives mis œuvre dans l’écriture.

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De l’heterogeneite comme pratique du baroque dans l’écriture romanesque de Rachid Boudjedra : une lecture transversale : Edmond N’GUETTA Kesse

Emprunté au vocabulaire de la joaillerie pour désigner une perle irrégulière, le baroque devient un mouvement artistique italien, privilégiant l’irrégularité, l’éclatement, le mouvement, les contrastes, notamment dans la peinture et l’architecture, et plus tard dans la littérature. L’esthétique hétérogène, par son éclectisme, privilégiant toute sorte de praxis sociales dans un désordre ordonné, se situe dans le cadre d’une revisitation du baroque littéraire. L’écriture de Boudjedra, par son recours à profusion à l’intertextualité, au mélange de genres littéraires et non littéraires, à l’éclatement des voix narratives et à la technique de la circularité, se situe dans le baroque littéraire. Cette pratique de l’hétérogène fait de l’écriture de Boudjedra, une écriture du renouvellement.

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La logique de l’amitié : GAHE- GOHOUN Rosine Cinthia

Une réflexion transversale sur la notion d’amitié pourrait permettre de la définir comme une relation, un lien. La question reste d’en savoir la nature au point d’observer au quotidien sa confection, sa défection. Cela suscite un doute qui porte à poser les questions ci-après : a-t-elle déjà existé ? Existe- t-elle ? Existera- t-elle ? Sous quelle condition pourrait-elle être durable ? Ce travail part de l’hypothèse selon laquelle les assertions courantes dans le sens commun « l’amitié n’est pas une prise en charge » ; « l’amitié n’est pas une dette » ; « la dette gâche l’amitié… » sont relatives à une définition de l’amitié articulée autour d’une certaine logique de l’amitié. La quête d’un champ théorique et pratique de l’amitié (entendons les indices d’une conception ou d’une théorie de l’amitié) fonde l’orientation de cette recherche dans l’antiquité grecque, précisément chez des auteurs que l’on nomme les Anciens (Platon, Aristote) et dans la littérature judéo-chrétienne, pour en exposer le pan métaphysique. La conception de la relation d’amitié y suit un parcours tel que l’on pourrait en faire une représentation géométrique. Parler de représentation géométrique nous inscrit dans le domaine scientifique qui renvoie aux sciences exactes, à la précision, à l’exactitude. Toute chose qui suscite la question de savoir si le rapport à l’humain et au divin dans la notion d’amitié, quoique susceptible de faire l’objet de représentation géométrique, peut être calculé, mesuré ? Qu’est-ce donc qu’une science, par rapport à une relation humaine, étant entendu que toute science qui a rapport à l’humain impose que l’on laisse quelques marges d’incertitudes à sa mathématisation ?

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Les determinants socio culturels et economiques de la forte fecondite et les resistances des couples face aux methodes contraceptives au niger : BETOU Bizo – MALIKI Rabo Ali

Le Niger se caractérise par un fort taux de croissance démographique et un indice synthétique de fécondité élevé et, à cet effet préoccupent beaucoup le politique, les acteurs de développement ainsi que le monde des chercheurs. Dans la présente recherche nous avons posé comme question : Quels sont les facteurs qui favorisent la forte fécondité et la résistance des couples face aux méthodes contraceptives au Niger ? A travers cet article, nous cherchons à comprendre les comportements des couples nigériens face à la fécondité et expliquer leurs réactions face aux mesures contraceptives en vue de mieux planifier les naissances dans leurs foyers. Pour répondre à la question de recherche et vérifier l’objectif général, la méthode qualitative a été utilisée. Par la suite, les résultats de l’étude montrent que les déterminants socio culturels et économiques influencent les comportements pro natalistes des couples nigériens.

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Procedes d’auto-marginalisation au nom d’un ideal transcendantal chez mallarme : Koué Kévin BOUMY

Cet article montre essentiellement deux dispositions de cryptage du sens qui fondent la marginalité de Mallarmé dans l’arène sociale et surtout artistique : une marginalisation vécue comme la garantie suprême d’une élévation vers le Beau, l’Idéal et l’Azur. D’une part, l’hermétisme en tant que difficulté, rendant quasiment impossible toute interprétation littérale immédiate des poèmes ; et d’autre part, l’illisibilité qui résulte de la désagrégation de la syntaxe et de la subversion de la ponctuation. A ces stratégies, il faut annexer le retrait consenti des instances narratives des textes. Cette pratique ascétique qui consiste à saper les fondements du langage, devient pour Mallarmé la rançon pour comprendre l’essence des choses et atteindre le ciel poétique.

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Zum beitrag der natur zur menschenbildung im weimarer klassischen denken am beispiel von goethes mensch-naturphilosophie in seinem werk die wahlverwandtschaften : AHIBA ALPHONSE BOUA

Le roman Les affinités électives (1809) de Goethe est le plus souvent cité par certains commentateurs comme la meilleure œuvre littéraire illustrant l’idéal classique de Weimar, enregistrant ainsi la victoire d’une prétendue culture pure sur une nature agissant en l’homme. Pourtant, l’on peut déceler dans les vues de l’auteur de cette œuvre une philosophie de la culture qui ne rejette pas la nature, mais qui s’en inspire pour atteindre son but ultime, à savoir la formation complète de l’homme. Il s’agit de sa philosophie de l’homme-nature qui plaide pour une complémentarité entre nature et culture. Car, pour Goethe, l’homme se forme au mieux non pas en (re)niant la nature, mais en la connaissant et en la maîtrisant. D’où cet article, qui se propose, à travers une interprétation immanente de l’œuvre Les affinités électives, de justifier l’idée d’une nature capable de contribuer à la formation complète de l’homme.

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Hybridite et mixage scriptural dans volatiles de kossi efoui : Sandry Richard Dohounkui Gbétey

Volatiles de Kossi Efoui met en perspective un mixage de deux formes d’écriture ; manifestant ainsi, de façon ouverte le langage multiple des interférences qui sous-tendent la pratique, par le colonisé, de la langue du colonisateur, la langue dominante. L’hybridité semble ainsi assumée par l’auteur. Ce mélange de l’écriture latine et de l’écriture fa participe, de toute évidence, d’une volonté iconoclaste, dans le prolongement d’Ahmadou Kourouma, de confronter la culture occidentale, dite supérieure, à la richesse civilisationnelle du monde noir, supposé barbare. Ainsi, à travers l’intersection des signes latins et fa, Kossi Efoui enseignent le respect de l’environnement, de ses semblables, et de soi-même. Cette écriture atypique est une innovation appréciable.

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